vendredi 22 février 2008 | Le Parisien

(AFP/JOEL SAGET .) ZOOM
ACTION ! Sous l'oeil du réalisateur Mathieu Kassovitz, une bande d'acrobates yamakasis escaladent la colonne Liberté-Egalité-Fraternité de la place de la République à Paris. Puis accrochent sur les trois statues, dominées par celle d'une super-Marianne, des couvertures de survie. Sur la terre ferme, la foule s'abrite, elle aussi, d'un duvet d'aluminium, symbole de l'urgence.
Hier
soir, environ 5 000 SDF avec ou sans sac à dos, bien-logés nantis ou modestes dont certains,
un sac de couchage sous le bras, ont dormi sur place, mères de famille avec poussette, étudiants
ultra-précaires, people engagés à l'instar de Nolwenn Leroy
(lire son interview ci-dessous)
,
Guy Bedos ou l'ex-Téléphone Bertignac... se sont rassemblés lors de la première Nuit solidaire
pour le logement. Une manifestation orchestrée par une trentaine d'associations d'aides aux
sans-abri - Secours catholique, Armée du salut ou Croix-Rouge. Toutes demandent au gouvernement
des moyens supplémentaires (1,5 milliard d'euros) pour que plus personne ne soit « contraint
de dormir dehors ».
« Tous ces riches
qui nous soutiennent,
ça fait plaisir »
«
Ce n'est pas une fatalité », répète Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte. Au stand
Emmaüs, à un mur du barbecue « gratos » riche en merguez, on a reconstitué une maison avec des
meubles de récup, un micro-ondes, un écran géant, de vrais parpaings et une entrée avec cette
sempiternelle revendication : « Un toit pour vivre ». « Un lit, ça fait rêver », commente Paulo,
à la rue depuis treize ans, « un chiffre porte-malheur ». Parmi les exclus qui crient leur révolte,
une armée d'ex-campeurs du canal Saint-Martin comme « Barthez », crâne rasé.
« Ça fait réunion
d'anciens combattants ! » lâche Jacques, le porte-parole de l'association Salauds de pauvres.
Il y a aussi Malika, 27 ans, qui squatte dans le 9-3, accompagnée d'un « croisé labrador »,
un autocollant Emmaüs sur le jarret. « Quand on voit tous ces riches qui nous soutiennent, ça
fait plaisir, ça m'encourage à sortir de la galère », applaudit-elle. Parmi les citoyens qui
ont la chance d'avoir un « cocon », Roger, 78 ans, et Andrée, 75 ans, un couple venu en voisin.
« Depuis l'hiver 54, la situation s'est sans cesse aggravée », observe monsieur alors que des
rappeurs du Val-de-Marne s'invitent sur la scène. A l'abri de la fourmilière en colère stationne
une camionnette Emmaüs. Sur la porte, un message : « Ne pleure pas, l'abbé Pierre vit toujours,
il est dans le coeur de chacun d'entre nous. »
leparisien.fr | 21.02.08 à 08h11
leParisien.fr avec l'AFP | 20.02.08 à 15h30
leparisien.fr | 20.02.08 à 12h52
Afp | 20.02.08 à 12h35
Afp | 19.02.08 à 18h46
Afp | 19.02.08 à 18h29

leparisien.fr | 19.02.08 à 14h55
leparisien.fr | 19.02.08 à 07h48
Sports | Le Parisien | 22-02-2008