mardi 19 février 2008 | Le Parisien

LP/OLIVIER LEJEUNE.ZOOM
Comment vont les principaux de collège et les proviseurs de lycée ? Pas très bien, à en croire un baromètre inédit, que nous dévoilons aujourd'hui. Près de la moitié d'entre eux assure que leur moral a baissé.
LEUR MÉTIER, on le connaît mal.
En tant que parents, on rencontre assez peu le « patron » du collège ou du lycée de son enfant
: le temps d'une ou deux réunions, à l'entrée en sixième ou en seconde, en rendez-vous individuel
pour une remise de bulletin, quand le rejeton se fait remarquer ou aux tournants de sa scolarité
(inscription, orientation)... Mais que sait-on des 12 000 principaux, proviseurs et leurs adjoints,
qui dirigent les établissements secondaires du pays ? Alors que l'on évoque souvent le malaise
des enseignants, « très peu de statistiques existent sur ces personnels de direction, dont dépend
pourtant le climat de l'établissement qu'ils ont à piloter », observe Georges Fotinos.
Cet
ancien inspecteur général de l'Education nationale vient de boucler, pour la MGEN (Mutuelle
générale de l'Education nationale), une enquête approfondie sur le moral de ces « dirigeants
». Publiée début mars, elle atterrira en avant-première sur le bureau du ministre de l'Education
nationale aujourd'hui. Pour la première fois, un baromètre - en 81 questions - se penche, comme
les DRH le font dans le privé, sur les états d'âme de ces chefs d'établissement. Et ils en ont
!
149 tâches en moyenne dans une journée
Si 18 % seulement des 1 900 qui ont répondu disent
n'avoir carrément pas d'intérêt pour leur travail, tous soulignent, même quand il les passionne,
qu'ils l'exercent dans une grande solitude. Un quart déclare carrément avoir un moral « médiocre,
mauvais ou exécrable ». Près de la moitié observe même que leur moral a baissé, essentiellement
à cause de conditions de travail qui se dégradent. Théoriquement autonomes pour mener leurs
« bahuts », ils sont en fait pris entre plusieurs marteaux et enclumes, enseignants, parents,
élèves et... administrations : celle de l'Education nationale qui leur donne les directives, dans
un « empilement de réformes et de consignes », mais aussi les départements et régions. Dans
une journée, occupée de 50 % à 80 % du temps à communiquer, pour répondre aux « urgences » de
chacun, on estime qu'ils accomplissent en moyenne jusqu'à 149 tâches ! Un zapping permanent
qui s'avère particulièrement stressant...
Demain, si le ministère suit le rapport Pochard, «
nous aurons en plus à recruter les profs, et les évaluer plus que nous le faisons », soupire
un principal, las à l'idée de se transformer en « manager ». Sans compter la disparition de
la carte scolaire, qui rendra la concurrence, déjà perceptible, encore plus féroce, les obligeant
à « vendre » leur établissement auprès des familles.
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