jeudi 10 avril 2008, 14h34 | leparisien.fr avec l'AFP
Entre 19.000 personnes, selon la police, et 30.000 à 40.000, selon le syndicat lycéen UNL, ont défilé jeudi dans les rues de Paris pour protester contre les suppressions de postes dans l'éducation.
Lycéens, enseignants et parents d'élèves, partis vers 13H45 des abords du jardin du Luxembourg, sont arrivés, pour les premiers d'entre-eux, peu après 16h00, à la station de métro Saint François Xavier, où ils se dispersaient dans le calme.
Hormis quelques moments tendus en tête de manifestation - mouvements de foule, jets de projectiles contre les forces de l'ordre, utilisation de gaz lacrymogènes par la police - la manifestation s'est déroulée sans incident.
Les manifestants marchaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: «suppression de postes, les lycéens mobilisés». Sur une autre banderole était inscrit: «postes, heures supplémentaires, bac pro, statut, salaires pour l'avenir de notre métier, pour l'avenir de tous les jeunes, le ministère doit répondre: il faut un collectif budgétaire».
8.830 suppressions de postes sont prévues à la rentrée prochaine dans l'enseignement public.
Le secrétaire général de la FSU (première fédération de l'enseignement), Gérard Aschieri, et le président de l'UNL (1er syndicat lycéen), Florian Lecoultre, étaient en tête du cortège.
«Nous sommes là pour montrer que les lycéens seront encore plus nombreux aujourd'hui pour défendre notre avenir. Nous disons stop à l'hémorragie de postes», a expliqué Florian Lecoultre.
De son côté, Gérard Aschieri a estimé qu'il se passait «vraiment quelque chose». «Est-ce que le gouvernement est capable de comprendre et d'arrêter de dire que les suppressions de postes c'est insignifiant?», a-t-il demandé.
«Alix Nicolet», présidente de la Fidl (deuxième syndicat lycéen), s'est dite «satisfaite d'une belle mobilisation, qui prouve que les lycéens sont conscients des problèmes» dans l'Education.
Des étudiants de l'Unef étaient aussi venus grossir les rangs pour «dénoncer la régression éducative qui se met en place», selon les mots de son président Jean-Baptiste Prévost.
«Une seule suppression: celle du ministre de l'Education», «Lycéens en colère, DarKos à terre» pouvait-on lire parmi les slogans, tandis que des lycéens scandaient «Sarko, t'es foutu, les lycéens sont dans la rue».
En province également des manifestations étaient organisées. Ainsi entre 1.200 lycéens, selon la police, et 1.500 selon les organisateurs, ont défilé jeudi après-midi à Lyon. A Toulouse de 1.500 à 3.000 manifestants ont défilé, 200 à Auch. De 5.500 à 9.000 personnes selon la police ou les lycéens ont manifesté jeudi matin à Grenoble où des incidents ont éclaté en fin de défilé.
Entre 8 et 24% d'enseignants, majoritairement du second degré, étaient en grève jeudi en Ile-de-France, répondant à l'appel d'une intersyndicale protestant contre les suppressions de postes, selon le ministère de l'Education.
Dans l'académie de Paris, le ministère recensait 16% de grévistes dans les collèges, 8% dans les lycées professionnels et 10% dans les lycées généraux et technologiques
Dans l'académie de Créteil (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne), 24,29% des enseignants dans les collèges, 11,04% dans les lycées professionnels et 24,19 % dans les lycées généraux et technologiques, ainsi que 4,39% dans le primaire, où un appel local a été déposé dans le Val-de-Marne.
Dans l'académie de Versailles, les grévistes étaient 14,77% dans les collèges, 18,84% dans les lycées professionnels et 19,8% dans les lycées généraux et technologiques.
A Paris, plus d'une vingtaine d'établissements étaient touchés par le mouvement, selon le rectorat. 14 lycées étaient "bloqués" (bloqués pour les lycéens mais pas pour les élèves de classes prépas), 6 lycées, dont le lycée Voltaire et un collège étaient "fermés", et six autres lycées étaient "perturbés", selon le rectorat.
Plus tôt dans la matinée, 50 casseurs ont tenté de pénétrer dans un lycée à Enghien et plusieurs jeunes ont tenté d'enfoncer la grille du lycée de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) jeudi matin à l'aide d'une voiture bélier.
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