CONCERTS.
Bienvenue chez Frédéric François Emmanuel Marolle
vendredi 29 février 2008 | Le Parisien

LP/J.-B. QUENTIN.ZOOM
Il s'installe dès ce soir et pour huit représentations à l'Olympia, avant une tournée française. L'interprète de « Mon coeur te dit je t'aime », qui a vendu près de 30 millions de disques depuis ses débuts, nous reçoit chez lui, en Belgique.
RENDRE VISITE à Frédéric François, cela se mérite. Après Paris-Liège en train, il faut rouler une trentaine de kilomètres sous le crachin belge. Direction Huy, petit village et véritable havre de paix...
à mille lieues des ambiances kitsch de ses concerts
que l'on retrouvera à partir de ce soir à l'Olympia, en prélude à une grande tournée française.
Comme à chaque fois, il y aura probablement les coussins Frédéric François, les badges clignotants
Frédéric François, bref, la panoplie complète de l'inconditionnel de roucoulades italiennes.
«
Cela me fait chaud au coeur que l'on m'appelle monsieur Barracato ici
»
A la maison, le chanteur, 57 ans, vit loin de tout cela. Il ouvre la porte
d'une belle bâtisse blanche où de larges baies vitrées laissent passer le plus de lumière possible,
malgré un ciel plombé. « Nous sommes arrivés dans un pays où le soleil ne se lève jamais »,
disait sa maman au début des années 1950, en rejoignant son mari parti trois ans plus tôt à
Liège pour travailler à la mine. « On a immigré quand j'avais 4 ans et demi, explique l'artiste.
Malgré tout, j'ai des souvenirs de la Sicile avec mes grands-parents : le sol en terre battue
dans leur maison de Lercara, la mule sur laquelle j'étais le seul à pouvoir monter, tout petit
et tout léger. Je n'ai pas eu l'occasion de les revoir. Quand on y est retournés, ils n'étaient
plus là. »
Frédéric François évoque alors son premier pied-à-terre d'immigré
au milieu d'un ancien camp de prisonniers « dans l'enceinte du charbonnage », la petite maison
où s'entassait la famille de sept enfants. « On ne partait pas en vacances mais on était heureux.
Le dimanche, mon père chantait des chansons napolitaines à la guitare, ma mère préparait le
repas... » Il plonge dans ses souvenirs, les larmes aux yeux. Dans le spacieux salon trônent un
piano à queue et des peintures d'artistes amis.
Il confie que ce luxe n'était
pas pour lui au départ, mais pour ses parents. « C'était ma façon de les remercier de tout ce
qu'ils ont fait. Mon père s'est mis à travailler sur les marchés pour me payer une guitare,
une sono. Je revois ma mère préparer des sachets d'olives tard le soir afin de les vendre au
petit matin... »
Alors, quand le succès est arrivé, la maison construite leur était grande
ouverte. « Ils ont refusé. Ils m'ont dit :
On est partis une fois. On ne veut pas tout quitter
de nouveau.
» Son père est mort en 1986, sa mère dix ans plus tard, mais leur nom perdure. «
Cela me fait chaud au coeur que l'on m'appelle monsieur Barracato ici. J'ai tellement l'impression
d'être de nulle part, ni italien en Italie ni belge en Belgique, avec un nom de scène français...
»
« Je sors les bonnes bouteilles pour la famille et les soirées pâtes »
Il
a pourtant réussi, avec ses disques fleur bleue, ses tournées tout sourire, sa petite entreprise
qui lui permet de profiter, entre musique, bonne bouffe et grands crus. Au sous-sol, l'artiste
s'est aménagé une imposante cave à vins. « Au départ on avait 2 500 bouteilles, on a dû en boire
un millier. Je les sors pour la famille et les soirées pâtes. » On revient toujours au clan
du Sicilien : les grands enfants trentenaires, Anthony, Vincent qui travaille avec lui, Gloria,
peintre, et la petite dernière, Victoria, 18 ans, qui squatte la salle de répétition de la maison.
Au
milieu des guitares et des claviers sont accrochés des posters de Nirvana, d'Oasis et... les Disques
d'or de papa. « On joue parfois ensemble du Lenny Kravitz, son chanteur préféré », explique
Frédéric François avant de monter rejoindre son épouse, Monique, qui s'affaire aux fourneaux.
Au menu du soir : courgettes farcies aux lardons et au mascarpone en guise d'amuse-bouches,
pierrade à la bonne franquette et un graves qui porte bien son nom. Cela a du bon, finalement,
d'être chanteur de charme.

HUY (BELGIQUE), LE 15 JANVIER.
Frédéric François nous a ouvert les portes de sa grande maison blanche et de son coeur avant de retrouver son public français dès ce soir à l'Olympia.
(LP/J.-B. QUENTIN.)

HUY (BELGIQUE), LE 15 JANVIER.
Frédéric François nous a ouvert les portes de sa grande maison blanche et de son coeur avant de retrouver son public français dès ce soir à l'Olympia.
(LP/J.-B. QUENTIN.)

HUY (BELGIQUE), LE 15 JANVIER.
Frédéric François nous a ouvert les portes de sa grande maison blanche et de son coeur avant de retrouver son public français dès ce soir à l'Olympia.
(LP/J.-B. QUENTIN.)
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