EXCLUSIF.
Doc Gynéco se remet au travail S.C.
lundi 14 avril 2008 | Le Parisien

(LP/FREDERIC DUGIT.)ZOOM
Le célèbre rappeur a repris le chemin des studios pour enregistrer un nouvel album. Dans son équipe de production figure un certain Mosey, qui n'est autre que Pierre Sarkozy, l'un des fils du président de la République. Reportage en coulisses.
INSTALLÉ à l'accueil du studio du palais des Congrès à Paris, le rappeur Doc Gynéco était entouré mercredi dernier de l'équipe de producteurs qui travaille sur son nouvel album. Soit un collectif connu sous le nom de Da Cream et dont les membres se font appeler Yang, Stan et Mosey. Derrière ce dernier pseudonyme se cache Pierre Sarkozy, le fils du président de la République.
Un grand
blond en baskets, jean et tee-shirt, à la dégaine similaire à celle de millions de jeunes gens
de son âge.
« La qualité de ce qu'il m'a fait entendre m'a séduit, explique alors Gynéco, de
son vrai nom Bruno Beausire. J'aime bien l'approche de Pierre, son côté humain. J'ai aussi aimé
l'idée qu'il ne soit pas le genre de type dont on se dit tout de suite à vue d'oeil :
Putain,
il doit faire des bons sons !
Mais j'ai toujours pris en compte que Pierre est le fils du président,
même si c'est devenu une chose à laquelle je ne fais plus attention. » Assis devant la console
et entouré de ses acolytes, Pierre Sarkozy fait alors écouter à l'assistance quelques chansons
de ce CD - encore sans titre - à sortir en octobre prochain.
Il ne regrette pas son
soutien à Nicolas Sarkozy
Pour commencer, « Ma route ». Dès les premières mesures, une
voix aiguë invective le rappeur : « Depuis que t'es avec Sarko, ça fait longtemps qu'on t'a
pas vu ! » Ça commence bien. Sur une rythmique élastique, Gynéco, 33 ans, y répète de sa voix
nonchalante : « T'essaies de me freiner, mais je poursuis ma route », en référence encore à
ses engagements lors de la campagne présidentielle. Ensuite, « A coeur ouvert ». Là, Gynéco
étale ses voeux de banlieues apaisées sur de singulières ruptures de rythmes tendance disco,
interpellant « ceux qui n'ont pas vu la fin de
Scarface
». Dans « Toxico », il se penche sur
le sort d'une fille héroïnomane. Puis, au fil de « Changer le mode », il évoque des rêves de
paix universelle posés sur un tapis de guitares. « J'essaie d'avoir le message le plus positif
possible, commente-t-il. Avec des mots très simples. Parfois, ça peut paraître bateau, mais
je tente de chanter des choses très simples à destination des jeunes, voire des très jeunes
:
Allez à l'école, respectez vos parents.
»
Entre Pierre Sarkozy et Doc Gynéco, tout a l'air
de coller. « Pierre est un artiste engagé à la racine, de naissance. Moi, aussi », affirme-t-il.
Seulement voilà : le public hip-hop va-t-il adhérer à ce surprenant attelage ? Hervé Deplasse,
le patron du label Exclaim qui abrite le rappeur, assure que « les oeillères ne sont pas si
énormes qu'on se l'imagine. De toute manière, Doc Gynéco a toujours été critiqué depuis ses
débuts. Lorsqu'il a fait un duo avec Bernard Tapie, lorsqu'il a chanté avec Catherine Ringer...
» Il poursuit : « Il est courageux de la part de Pierre d'aller dans ce milieu. Lui et son équipe
ont du talent, et je ne suis pas le seul à le dire. » De fait, Pierre Sarkozy n'est pas un complet
inconnu dans le milieu des musiques urbaines : on se souvient de ses apparitions derrière le
rappeur Poison ou encore qu'il figurait dans les crédits du DVD « 100 % Jamel ».
Quant à Doc
Gynéco, il ne regrette pas, bien sûr, son soutien l'an passé à Nicolas Sarkozy. Même si, vu
de l'extérieur, il semble que son aura en ait souffert : « Aimée ou détestée, ma position a
permis de prendre conscience que les rappeurs ne s'intéressent pas qu'au football mais suivent
aussi la politique de notre pays. Ça m'a beaucoup plu et je n'ai pas du tout pris en considération
les risques. Je ne suis pas de ces chanteurs bien cadrés, gentils. Je veux créer des ouvertures.
» Bref, Doc Gynéco, fidèle à lui-même, persiste et signe.






















