MUSIQUE.
Julien Clerc prépare son retour Emmanuel Marolle
samedi 12 avril 2008 | Le Parisien
(LP/CAROL AMAR.)ZOOM
Le chanteur est en studio pour enregistrer son prochain album avec la complicité de Benjamin Biolay. Outre ce dernier, Carla Bruni et Maxime Le Forestier lui ont écrit des textes. Avec ce disque prévu pour septembre, il repart encore de zéro.
IL L'APPELLERA peut-être « Toboggan », du nom d'une des chansons qu'il peaufine. Le mot résume toute sa démarche. Avec ce disque attendu en septembre, Julien Clerc est prêt à repartir de zéro.
Comme d'habitude. « Je ne garde ni textes ni musiques. Je n'enregistre rien. Quand un
album est terminé, il ne me reste aucune chanson en stock. » Voilà pour ceux qui le voyaient
plutôt fourmi que cigale, après quarante ans de carrière et 60 printemps.
Pour l'instant, l'artiste
a hiberné en sous-sol, dans le studio Labomatic de Dominique Blanc-Francard, près des Champs-Elysées.
Le célèbre ingénieur du son y passe en coup de vent mais ne s'éternise pas, occupé qu'il est
par le prochain album de Carla Bruni
(voir ci-contre).
Car cette fois, c'est Benjamin Biolay
qui joue les chefs d'orchestre du nouveau Julien Clerc. Le jeune prodige de la chanson française,
qui fut l'artisan du retour en grâce d'Henri Salvador, en a profité pour signer deux textes.
« C'est un génie absolu, nous prévient le chanteur. Pour moi, il incarne à la fois la nouveauté
et la culture musicale. »
Ce tandem complice et paisible, épaulé par Bénédicte Schmitt pour
la technique, nous ouvre les portes d'un disque en plein chantier. « Nous sommes partis sur
quinze titres pour l'instant, mais ils ne resteront peut-être pas tous », avertit le chanteur.
Sept sont déjà terminés. A commencer par « Restons amants », sur un texte de Maxime Le Forestier.
Instantanément, on est chez Julien Clerc sur ce titre, porté par une construction mélodique
crescendo et un texte ciselé. « Restons amants des impatiences, des minutes qui sont comptées,
des trésors de ruse et des sciences, pour se retrouver », dit un refrain de haute voltige.
«
Quand il compose,
il entend déjà tout
ce qu'il y aura autour »
Le piano du chanteur est là également,
élément majeur de cette première chanson, coeur de cet album où Julien Clerc s'est mué plus
que jamais en instrumentiste. « Contrairement à ce qu'il peut dire, il a un jeu assez inimitable
qui donne tout de suite un ton particulier, explique Benjamin Biolay. Son piano est une réduction
d'orchestre. Quand il compose, il entend déjà tout ce qu'il y aura autour. » Les deux musiciens
sont partis de là, avant d'habiller les chansons, seuls ou presque. « A part les basses et les
batteries, on a joué de tous les instruments », confirme Julien Clerc.
Ce disque à hauteur d'homme
est dans l'esprit de sa dernière tournée. « J'ai donné une série de concerts à l'étranger, l'an
passé, où nous n'étions que trois sur scène. Cela m'a obligé à jouer et à m'ouvrir davantage
au public. » Il avait commencé dans « Double Enfance » en 2005, splendide album où il chantait
des choses plus intimes. Dans ce futur disque plane une certaine passion amoureuse, une nouvelle
sérénité personnelle qui traverse « Où s'en vont les avions » et ses guitares délicates, mais
aussi « la Petite Fée », l'un des deux titres signé Gérard Manset, ou « la Jupe en laine » habillée
de cuivres.
Dans le studio est assise une jeune femme avec un joli ventre rond. Hélène, la compagne
de Julien, attend pour la fin du mois un petit garçon, cinquième enfant et deuxième fils du
chanteur. « Toi qui mets sans crier gare ma vie dans un tel état... me voilà sur un toboggan emporté
par un ouragan », dit la future chanson-titre. « Dans les textes, les auteurs parlent d'eux,
des autres, mais puisent aussi dans ce que je suis aujourd'hui pour écrire », conclut à demi-mot
le chanteur, encore avare en confidences. Rendez-vous sur son toboggan de la vie à l'automne,
puis en tournée début 2009.






















