TROPHEES.
Les Césars peuvent-ils ignorer Marion Cotillard ? Pierre Vavasseur
vendredi 22 février 2008 | Le Parisien

AP/CHRIS PIZZELLO.ZOOM
Avec onze nominations, « la Môme » part favorite de la cérémonie de ce soir, à égalité avec « Un secret ». Après les suffrages du public, l'interprète principale du film sur la vie d'Edith Piaf devrait réunir ceux de l'Académie... Logiquement.
AVEC DES « SI », on mettrait les Césars en bouteille. Et pourtant. A quelques heures de la 33 e cérémonie qui se déroulera ce soir au Théâtre du Châtelet, retransmise en clair et en direct à partir de 20 h 30 sur Canal +, une question se faufile dans les esprits.
Et si « la Môme », d'Olivier
Dahan, et « Un secret », de Claude Miller, placés en pole position avec onze nominations chacun,
ne raflaient pas la mise escomptée ? Leurs challengers n'ont-ils pas plus d'atouts qu'on ne
le pense pour résister au rouleau compresseur de deux succès publics et les « sauter » au dernier
moment sur la ligne, comme on dit chez les cyclistes ?
Un tel scénario n'est pas inconcevable.
D'une part parce que les 3 500 votants, invités à regarder 70 films
(voir ci-dessous)
n'ont
jamais brillé par leur goût pour les « blockbusters ». Les succès populaires ne sont pas leur
genre. Aux Césars, on aime bien déplacer les projecteurs sur des productions moins en vue. «
La Môme » est la cible idéale pour pâtir de ce symptôme, d'autant que, déjà multirécompensée,
elle n'échappe pas à un effet d'usure. Les Globes de cristal, sorte de Golden Globes à la française,
ont très récemment zappé Marion Cotillard au profit de Cécile de France. Faut-il y voir un signe
?
« la Graine et le Mulet »
favori des exploitants
On ne peut pas non plus rayer
d'un trait de plume un outsider tel que « le Scaphandre et le Papillon » de Julian Schnabel.
Présenté à Cannes en sélection officielle et fort de sept nominations, mais peu vu par le public,
il a le profil idéal pour se refaire. Quant à « Persepolis », de Marjane Satrapi et Vincent
Paronnaud, six fois nominé, il n'a pas perdu une once de son charisme, en dépit de son statut
atypique de « film d'animation ». Enfin, « la Graine et le Mulet », d'Abdellatif Kechiche (cinq
nominations), chouchou des cinéphiles, est signalé dans la revue professionnelle « Ecran total
» comme le favori des exploitants. D'autres oeuvres peuvent contribuer à un effet d'éparpillement
dans les catégories meilleur second rôle, tel meilleur espoir ou meilleur scénario. Alors, une
nouvelle fois atypiques, ces 33
e
s
Césars ? D'ores et déjà oui, puisque
la proximité des Oscars, dimanche 24 à Los Angeles, où sont nominés « la Môme », « le Scaphandre
» et « Persepolis », ainsi que la diffusion demain, sur France 2, du match de rugby France -
Angleterre, ont poussé les organisateurs à avancer la cérémonie au vendredi. Une certitude :
présidée par le malicieux Jean Rochefort et présentés par Antoine de Caunes, de retour en maître
de cérémonie, cette édition, qui décernera des Césars d'honneur à Jeanne Moreau et à Roberto
Benigni, ne devrait pas inspirer la mélancolie.
Quelque 200 salles art et essai, sur un millier en France, baisseront le rideau ce soir à 21 heures, pendant la remise des Césars, pour manifester leur inquiétude face à une éventuelle baisse des aides publiques à la filière cinéma.






















