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Liane Foly : «J'aime déranger» Propos recueillis par Emmanuel Marolle

lundi 21 avril 2008 | Le Parisien

(LP/GUY GIOS.)

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La chanteuse à la voix de velours sort un nouvel album très réussi, « le Goût du désir », composé par Art Mengo. Cette touche-à-tout - elle fait du one-man-show et de la télé - est par ailleurs bien décidée à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

LIANE FOLY, c'est un peu Madame 100 000 Volts. Une arrivée en trombe, une discussion animée, et un départ à toutes jambes vers d'autres aventures. Télé, one-woman-show, disque : à 45 ans, l'artiste multicartes a tout de même trouvé le temps d'enregistrer « le Goût du désir », sorti la semaine dernière.

Un album où elle revient à ce qu'elle sait faire de mieux, des chansons aux élégantes couleurs jazzy imaginées par le précieux Art Mengo, qui signe l'ensemble des titres. Mais quand Liane Foly en parle, ça fait des étincelles.

Ce disque renvoie à vos premiers albums...

Liane Foly.
Oui, ça me fait plaisir de me réentendre dans cet univers-là. Avec Art Mengo, on était comme des potes de lycée, la connexion était parfaite. On a fait l'album chez lui, avec son parolier Marc Estève, dans la campagne toulousaine. On se faisait des grillades, on discutait dehors jusqu'à 4 heures du matin... On avait le temps, loin des contraintes industrielles. On n'était ni chez les loups-garous, ni chez les requins.

« Jamais je ne reparlerai à André Manoukian »

Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

Parce que je suis partie sur d'autres choses. A Los Angeles, j'ai bossé avec le groupe de mes rêves, Earth Wind and Fire. A l'époque, en 1997, on a davantage parlé de mon opération du nez que de mon album. Dommage. Puis, je suis allée à Londres, j'ai fait un disque en anglais de reprises des années 1980 version jazzy. Personne n'en veut ici, mais je vais le sortir. On me répond « Oui, c'est bien, mais comment faire ? » Dans ces cas-là, je dis « Stop », il faut que les choses soient naturelles. On veut ou on ne veut pas.

Votre précédent album, « la Chanteuse de bal », a été un échec commercial ?

Oui mais c'est, entre autres, la faute de la maison de disques qui n'a pas bien travaillé. On ne trouvait pas l'album dans les magasins. Pourtant, j'en ai fait de la promotion ! Mais moi, j'ai eu des parents commerçants et je sais que si on ne met qu'une seule savonnette en place, on n'en vendra qu'une.

Et artistiquement ?

Le disque n'était pas du tout réussi, très brouillon. Je me cherchais peut-être à ce moment-là. Il y a des moments où il vaut mieux s'abstenir, alors que moi, j'ai sorti douze albums en vingt ans, c'est peut-être un peu trop. Jean-Jacques Goldman a fait deux chansons qui n'avaient rien à voir avec le reste. Et puis, les retrouvailles avec André Manoukian pour cet album étaient une très mauvaise idée. La preuve aujourd'hui.

Vous êtes-vous expliquée avec lui après la parution de son livre, où il raconte des choses intimes sur votre couple ?

Non, jamais je ne lui reparlerai, jamais, jusqu'à la mort ! C'est fini ! Il me connaît, je suis super rancunière. C'était moi qui l'avais recontacté pour que l'on rebosse ensemble. Je le regrette. Moi, je n'ai jamais raconté ma vie. Je suis très pudique. J'étais très en colère et super déçue.

Vous triomphez avec votre spectacle d'imitations, « la Folle Parenthèse ». Au départ, c'était pourtant un vrai risque...

Mais j'aime déranger. Pourtant on me l'a déconseillé : être chanteuse de jazz et clown, ça ne se fait pas ! Dans la vie, il y a des petites cases. Et en plus, voilà que maintenant je fais de la télé ! Les gens oublient juste que j'ai toujours réalisé plein de choses. Quand j'étais petite, je faisais du théâtre, des claquettes, du piano, je chantais dans l'orchestre de mon père. Ici, la presse parle de certaines dès qu'elles s'achètent une robe chez Dior, moi j'ai chanté à Hongkong, à Las Vegas, et personne ne m'a suivie.

Pourquoi êtes-vous aussi remontée ?

Parce qu'on m'a emmerdée. Je sors un disque que j'ai envie de défendre et je n'ai jamais été autant dans les torchons de la presse people. Je suis devenue dure parce qu'on l'a été avec moi. Notre milieu est une jungle et comme je m'appelle Liane, j'en profite.

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