HUMOUR.
Tout réussit à Canteloup Propos recueillis par Catherine Balle
mardi 15 avril 2008 | Le Parisien

LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN.ZOOM
L'imitateur vedette d'Europe 1, de Canal + et de France 2 est au sommet de sa gloire. A 43 ans, Nicolas Canteloup remplit l'Olympia pendant trois semaines avec son nouveau show, « Deuxième couche ». Interview d'un surdoué à la vie d'ascète.
IL NOUS SALUE à voix basse. L'accent est chantant, la poignée de main chaleureuse mais le sourire un peu pâle. Ce jeudi soir, au Thor (Vaucluse), Nicolas Canteloup vient roder son nouveau spectacle, « Deuxième Couche », avec lequel il investit l'Olympia à partir de ce soir.
Or, à 19 heures,
l'imitateur de 43 ans a encore du pain sur la planche. Entouré de trois de ses co-auteurs, il
s'installe sur la scène pour d'ultimes répétitions. Devant des fauteuils vides, il demande à
ce qu'on ajuste le son, ajoute une vanne ou quelques pas en avant, soigne sa sortie. Toujours
avec le même timbre chuchotant, le même geste calme.
Derrière cette apparente sérénité se cache
un homme qui vit à cent sketchs à l'heure. Entre son spectacle, sa « Revue de presque » sur
Europe 1 - qu'il pourrait cesser à la rentrée
(voir nos éditions de samedi)
- et ses voix pour
« Les Guignols » (Canal +) et « Vivement dimanche » (France 2), Canteloup mène plusieurs existences
de front. Pour les concilier, l'ancien moniteur d'équitation s'impose une « vie d'ascète »,
seulement ponctuée par une séance de galop quotidienne. Au faîte de sa popularité (ses trois
semaines à l'Olympia affichent complet), il évoque ce succès et ce nouveau one-man-show, qui
le conduira en tournée jusqu'en mars 2009.
Pourquoi avez-vous eu envie d'écrire ce spectacle
alors que vous avez un agenda surbooké ?
Nicolas Canteloup.
La scène, c'est mon activité principale,
mon coeur de métier. C'est ce que je faisais quand j'étais GO au Club Méditerranée
(NDLR : de
1991 à 1993),
puis quand je travaillais dans des cabarets
(NDLR : de 1993 à 2000)
. Sur scène,
je n'ai pas peur. L'été dernier, avec mes camarades-auteurs Philippe Caverivière, Stéphan Joly,
Christophe Duthuron et Jean-Lou Chaffre, on a donc décidé d'écrire un nouveau show. On a réservé
l'Olympia et, à partir de là, on s'est mis au travail.
Vous avez entamé votre tournée le 15
octobre. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
Comme un gamin qui va présenter une bonne blague.
Ce qui est difficile, c'est quand vous devez faire un strip-tease et que vous avez des bourrelets.
Là, je sais que le spectacle tient la route. On a bien travaillé, on ne fait plus que polir
la pierre.
« Je ne fais pas ce métier pour flinguer les gens
»
Comment avez-vous
vécu
le succès de « Canteloup
y es-tu ? », qui a rassemblé 5,8 millions
de téléspectateurs
sur
France 2 le 5 avril ?
J'ai longtemps hésité à faire ce prime-time, parce que je pensais que
j'étais un coureur de 100 mètres et pas un marathonien. Mais Françoise Coquet
(NDLR : la coproductrice
de « Vivement dimanche »)
et Michel Drucker m'ont convaincu. Finalement, je suis très content.
Mais je reste lucide : si l'émission a marché, c'est surtout parce que les gens ont été curieux
de voir des politiques dans une émission de variétés.
Dans cette émission, François Bayrou a
déclaré qu'en découvrant sa caricature aux « Guignols », il avait eu envie d'arrêter la politique.
Comment avez-vous réagi ?
Ça m'a surpris et touché. Je ne fais pas ce métier pour flinguer les
gens, mais pour leur donner du plaisir. Après l'émission, j'ai relativisé : la caricature de
Bayrou ne lui nuit pas beaucoup.
Vous en avez parlé avec lui depuis ?
Non. J'évite de rencontrer
les politiques. Si vous avez de la sympathie pour quelqu'un, ça devient dangereux. Quand on
a fait l'émission, je ne suis même pas allé voir les invités en loge.
Ce succès vous donne-t-il
envie de faire plus de télé ? Votre nom a notamment circulé pour succéder
à Laurent Ruquier
pour
la quotidienne
de 19 heures sur France 2...
Ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Je n'ai pas
le talent de Ruquier pour présenter une émission et animer une équipe. On m'a aussi demandé
si je voulais faire du cinéma... Je suis conscient de ce que je sais faire ou pas.
A quoi ressemble
une de vos journées ?
Je me lève à 6 heures pour préparer ma chronique sur Europe 1. A partir
de 9 heures, je fais le fumier, je nourris mon cheval et je le monte pendant une heure et demie.
Si je suis en tournée, je vais dans un centre équestre. Passer des paillettes à la paille, c'est
indispensable à mon équilibre. Après, je déjeune et je fais la sieste. De 17 à 20 heures, je
répète mes voix pour « les Guignols ». Puis, je monte sur scène et après, je commence à écrire
mes textes pour Europe 1. Je mène une vie d'ascète : je mange léger le soir, je ne bois pas,
je ne fume pas... Et je parle doucement comme me l'a conseillé mon ORL.
Vous n'évoquez jamais
votre
vie privée...
J'en parlerai peut-être chez Mireille Dumas dans vingt ans. Pour l'instant, je n'en
ai pas besoin. Et puis, j'ai une vie normale, il n'y a pas de scoop.
« Deuxième couche », jusqu'au 4 mai, du mardi au samedi à 20 h 30 et le samedi à 16 heures à l'Olympia (Paris IX e ). Complet. Puis en tournée jusqu'au 27 mars 2009.






















