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Chronologie - Mai 68 en France

20 mars

Des étudiants opposés à la guerre du Viêt Nam attaquent une succursale de l'American Express, à Paris. Xavier Langlade, étudiant à Nanterre, est arrêté.

22 mars

A l'appel de Daniel Cohn-Bendit, 23 ans, étudiant en sociologie, une centaine d'étudiants de l'université de Nanterre se réunissent en assemblée générale pour soutenir Xavier Langlade. Ils créent le Mouvement du 22 mars.

2 mai

Après plusieurs semaines d'agitation, le doyen René Rémond décide de fermer l'université de Nanterre. Cohn-Bendit et plusieurs de ses camarades sont renvoyés devant le conseil de discipline.

3 mai

Un meeting de solidarité avec les étudiants de Nanterre est organisé à la Sorbonne. Le recteur décide de faire appel aux force de l'ordre pour faire évacuer les contestataires. La police arrête quelques meneurs, ce qui entraîne les premières violentes échauffourées au quartier Latin.

4 mai

Les mouvements étudiants et l'Unef lancent un appel à manifester pour le 6 mai. Ce jour-là, Daniel Cohn-Bendit et ses camarades doivent passer devant le conseil de discipline.

6 mai

A l'arrivée de Cohn-Bendit, la Sorbonne est déjà encerclée par les forces de l'ordre. Les premiers incidents éclatent en début d'après-midi et gagnent tout le quartier.

7 mai

La répression policière fait basculer l'opinion du côté des étudiants. Ces derniers appellent à une nouvelle manifestation dans le quartier Latin. L'agitation gagne les universités en province.

10 mai

Etudiants et lycéens défilent de Denfert-Rochereau au quartier Latin. Les jeunes occupent le quartier, dépavent les rues, élèvent des barricades que la police tente de dégager. C'est une nuit de violences spectaculaires.

11 mai

La CGT et la CFDT appellent à la grève générale. De retour de voyage officiel, le Premier ministre, Georges Pompidou, décide de céder aux revendications des étudiants : évacuation des forces de police du quartier Latin, réouverture de la Sorbonne et libération des étudiants arrêtés.

13 mai

Première manifestation des ouvriers. Les syndicats réclament une augmentation des salaires et une réduction du temps de travail. La crise sociale prend le pas sur la crise étudiante.

14 mai

De Gaulle part pour un voyage officiel en Roumanie. Les usines Sud-Aviation (Loire-Atlantique) et Renault Cléon (Seine-Maritime) sont les deux premières occupées.

19 mai

Déjà 2 millions de grévistes. De Gaulle rentre de Bucarest : « La réforme, oui ; la chienlit, non ! »

21 mai

Effondrement du franc. La France est paralysée avec 7 millions de grévistes dans tous les secteurs.

22 mai

amnistie pour les actes commis pendant les manifestations. Mais Cohn-Bendit est interdit de séjour en France. Le mouvement étudiant est relancé sur le slogan « Nous sommes tous des Juifs allemands ».

24 mai

Emeutes à Paris. Premier mort, à Lyon : le commissaire Lacroix est écrasé par un camion lancé par les manifestants. L'opinion commence à lâcher les « révoltés ».

25 mai

Ouverture des négociations au ministère du Travail, rue de Grenelle.

27 mai

Les accords de Grenelle sont établis mais les ouvriers refusent de reprendre le travail. Grand meeting au stade Charléty. Pierre Mendès France apparaît comme l'homme de l'alternative politique.

29 mai

Le général de Gaulle disparaît. Il s'est en fait rendu à Baden-Baden où il a rencontré le général Massu, commandant des forces françaises en Allemagne.

30 mai

De retour à Paris, le général de Gaulle annonce à la radio la dissolution de l'Assemblée nationale, provoquant des élections législatives. Au même moment, 300 000 à 400 000 personnes défilent sur les Champs-Elysées pour soutenir de Gaulle. Ses partisans ont retenu le chiffre d'un million.

6 juin

Reprise du travail à la SNCF, à la RATP et dans les PTT.

18 juin

Reprise du travail chez Renault.

30 juin

Les gaullistes raflent 358 sièges (sur 485) aux élections législatives.

10 juillet

Georges Pompidou remet la démission
de son gouvernement au général de Gaulle qui désigne Maurice Couve de Murville comme Premier ministre.

Mai 68 : les photos inédites de Raymond Lambert

Il était typographe en mai 1968 durant les manifestations, il laisse son usine pour le quartier latin, les caractères en plomb pour les pavés de Paris. Mais il ne manifeste pas aux côtés des étudiants : il les photographie. Armé d'un Rolleiflex, il fera plusieurs centaines de clichés depuis le 7 mai jusqu'au 11 juin. Restées jusqu'à aujourd'hui dans le fond d'un placard et jamais montrées au-delà de sa famille, il les a ressortis pour Le Parisien. Il nous raconte ainsi la manière dont il a vécu Mai 68. (c)Raymond Lambert

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