RAPPEL DES FAITS.
Lecteurs, vous êtes plus
exigeants en matière
d'indépendance vis-à-vis
des pouvoirs, plus
exigeants en termes
de crédibilité des
informations.
Chaque semaine nous
en offre la preuve.
L'OMBRE d'un doute. De la méfiance même.
Nous sommes décidément à une époque où vous craignez que l'on vous fasse prendre des vessies pour des lanternes.
La preuve ? Sitôt connus les premiers
éléments autour de la fusillade
de Carcassonne, vous avez
été quelques-uns à nous pousser
à l'investigation, craignant on ne
sait quelle version officielle forcément
trompeuse de la part de
l'armée. « Vous qui avez l'habitude
de dénoncer des scandales,
vous ne pouvez pas prendre pour
argent comptant la thèse de l'accident,
vous n'allez pas laisser
dire ça ! » nous lance Michel,
48 ans, de La Turballe (44).
Wesley, 29 ans, de Corbeil
(91), qui se dit « ancien militaire
», estime à son tour qu'il y a
« matière à réflexion » et - au
terme d'une longue démonstration
technique qui me dépasse
personnellement-en vient à juger
plus qu'improbable « l'erreur
humaine ». Ceci n'est qu'un
exemple parmi tant d'autres du
scepticisme ambiant et, partant,
du difficile défi pour la presse
d'asseoir durablement une crédibilité
pleine et entière.
Ainsi, autre exemple récurrent,
certains d'entre vous affirment
avec force détails que l'on roulerait
pour Nicolas Sarkozy. « Il n'y
en a que pour lui, et maintenant
sa descendance », rouspète Roger,
61 ans, de Meaux (77),
qui n'est pas, et de loin, le plus virulent
de tous... Dans le même
temps, d'autres, tout aussi nombreux,
jureraient que l'on en
pince pour Ségolène Royal.
Ainsi, Pierre, de Caen (14),
qui réclame « une véritable enquête
» sur l'ancienne candidate
à la présidentielle. On est tenté
de répondre,même si-selon la
formule consacrée - l'on écrit
sur du sable, que cette enquête a
déjà été réalisée lors de la campagne
électorale (« La vraie nature
de Ségolène », daté 29 septembre
2006). Idem pour
Nicolas Sarkozy, d'ailleurs. Et ce
n'est pas trahir de secrets que de
préciser que lesdites enquêtes,
fouillées, ont chaque fois fait plus
ou moins tousser en hauts
lieux...
Preuve d'un lectorat d'un total
éclectisme, ces réactions touchent
à peu près toutes les rubriques
du journal. Ainsi, ceux-là
considéreront que nous sommes
des supporteurs aveugles du
PSG, quand ceux-ci nous accuseront
d'être d'une cruauté sans
merci envers le club de la capitale.
Cette richesse - quelle diversité,
en effet-n'est pas si délicate
à manier : il suffit, mais là
est la difficulté de notre travail,de
chercher, et de trouver, tous les
éléments, sans parti pris, qui vous
permettront ensuite de vous forger
une opinion. C'est en tout cas
ce à quoi s'emploient tous les
journalistes de la maison.
Admettons-le, ce n'est pas toujours
un chemin bordé de roses,
à la caserne du 3e régiment parachutiste
d'infanterie de marine
de Carcassonne tout comme au
camp des Loges de Saint-Germain-
en-Laye, où ont recommencé
à trottiner cette semaine
les très attendus footballeurs
du PSG...










