FOOTBALL, LIGUE 1/CAEN - PSG 3-0.
La Ligue 2 se précise pour un PSG en dessous de tout Dominique Sévérac
dimanche 20 avril 2008 | Le Parisien

LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN.ZOOM
Les Parisiens, Paul Le Guen en tête, avaient fait de ce voyage à Caen le match le plus important de l'histoire du club. A l'arrivée, la sanction est terrible et l'espoir de se sauver de plus en plus mince. Seul un miracle...
UN MATCH d'une absolue médiocrité, des joueurs qui
affichent leurs désaccords en pleine rencontre, une défaite cinglante, la troisième d'affilée,
un goal-average négatif qui explose, un surplace (premier relégable) seulement dû à la différence
de buts particulière avec Strasbourg, battu à l'aller comme au retour (2-1 et 1-0), un supporteur
qui envahit la pelouse, le principal concurrent (Lens) dans la lutte pour le maintien qui gagne
: on pourrait égrener encore longtemps le menu indigeste de la pire soirée sportive de l'histoire
du PSG. Qui succède à la saison la plus noire avec la mort d'un homme à l'issue d'un match de
Paris.
Sale temps pour Alain Cayzac, le président, obligé de venir une nouvelle fois face aux
micros (avec une certaine dignité), Sébastien Bazin, l'actionnaire majoritaire (Colony Capital),
et Paul Le Guen, l'entraîneur impuissant à la tête d'un effectif broyé mentalement, inexistant
dans le jeu.
Tous sont les acteurs principaux de l'un des plus gros fiascos de l'histoire du
football français : Paris en Ligue 2, une histoire qui s'écrit. Et maintenant, on fait quoi
?
On ne change pas
une équipe qui perd...
« Il n'y a pas de solution miracle sauf
celle, classique, de changer d'entraîneur », souffle Paul Le Guen, qui souhaite continuer. Dans
la foulée, son président le maintient en place pour les quatre prochains matchs. Les quatre
derniers en Ligue 1 ?
A moins d'un miracle, la réponse est oui. Le miracle serait de gagner
au moins trois rencontres pour une équipe qui n'en a remporté qu'un lors des douze dernières
journées. Pourquoi Pauleta et ses partenaires réaliseraient demain ce qu'ils ont raté toute
la saison ? 18
e
au match aller contre Caen au Parc, ils restent à cette place au
lendemain du match retour en Normandie. Ils sont mauvais depuis longtemps et la magie n'escorte
que les artistes. A Paris, il n'y en a pas.
On ne change donc pas une équipe qui perd - la devise
du PSG. Paul Le Guen apparaît bel et bien ce matin comme l'auteur non exclusif mais majeur de
l'échec qui s'annonce. Fautif par exemple dans ses choix tactiques, avec seulement deux joueurs
à vocation offensive au coup d'envoi (Luyindula, Pauleta) et quatre après le premier but caennais
(avec Souza et Diané, en renfort, si l'on peut dire) comme pris de panique : « Je ne vis pas
de regrets, commente-t-il pour expliquer sa composition d'équipe. Je fais mes choix. Je les
assume. Je suis le responsable technique du club. Je suis donc pleinement responsable de mes
choix, de la situation. Je ne me sens pas trahi. Ce sont mes joueurs ; ils le restent même quand
ils me déçoivent comme ce soir
(hier).
»
Il a beau dire sa combativité ou sa foi, on l'observe
incapable d'enrayer la chute semble-t-il irréversible du club. « On se sent au fond du trou.
Ce match nous donne peu d'arguments mais on ne pourra qu'être meilleurs lors des quatre derniers.
Je vais avoir la dent dure la semaine prochaine. Je suis en colère. Quand il s'agit de la vie
du club, on se doit de répondre aux attentes. » Il n'en reste plus qu'une, que le PSG se sauve
ou descende en L 2 : finir au moins dignement la saison.
« Dissolution proclamée, nos groupes menacés, Ultras français solidarité, Boulogne Boys respect. » Voici la banderole qu'a tenté de faire entrer hier soir sur toutes les pelouses de Ligue 1 la coordination nationale des Ultras en réaction à la dissolution des Boulogne Boys cette semaine. La riposte des Ultras de France a été jugulée par les directions départementales de la sécurité publique, sauf notamment à Lens et à Nice.







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