FOOTBALL, COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA LIGUE.
Questions autour d'une audition Sylvie De Macedo et David Opoczynski
jeudi 10 avril 2008 | Le Parisien

(LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN.)ZOOM
Si aucune sanction ne sera prononcée dès ce soir contre le PSG, dans le scandale de la banderole anti-Ch'tis, l'audition des dirigeants parisiens marquera une étape importante dans cette affaire.
CE SOIR, à partir de 18 heures, la commission de discipline de la Ligue, conduite par le président Jacques Riolacci, auditionnera les dirigeants parisiens convoqués pour l'épisode de la banderole injurieuse déployée au Stade de France lors de la finale de la Coupe de la Ligue, le 29 mars. Philippe Boindrieux (directeur général), Jean-Philippe d'Hallivillée (responsable de la sécurité), Laurent Plantini (juriste) et Pascal Wilhem (avocat) présenteront la défense du club. Après quinze jours d'instruction, la décision sera rendue le 30 avril.
Le PSG peut-il être sanctionné d'un retrait de points ?
A PRIORI NON.
Selon le chapitre III du règlement disciplinaire de la Fédération française de football
(FFF), la perte de points est recommandée pour les comportements racistes. Or la banderole du
Stade de France a été jugée comme une « provocation à la haine » contre laquelle rien n'est
prévu explicitement dans les règlements. Mais en l'espèce, la sanction le plus souvent adoptée
depuis 2001 est celle d'un ou plusieurs matchs à huis clos. Toutefois, dans l'affaire Kébé 2
(NDLR : une banderole injurieuse avait été déployée à Bastia à l'encontre du joueur burkinabé
de Libourne-Saint-Seurin)
, au cours de laquelle Bastia vient tout juste d'écoper d'un huis clos,
la punition n'a pas été jugée assez sévère par la Ligue, qui a fait appel. La jurisprudence
peut donc évoluer et le PSG se voir condamner plus durement, comme par exemple être exclu de
la prochaine édition de la Coupe de la Ligue. Si cette sanction apparaissait encore insuffisante,
alors et seulement le retrait de point pourrait être envisagé.
Le PSG a-t-il pris toutes
les
mesures pour
éviter l'incident ?
OUI MAIS...
L'avis rendu par le Conseil d'Etat
le 29 octobre 2007 est clair. S'il confirme que les clubs sont bien responsables de l'attitude
de leurs supporteurs, il demande, avant de les sanctionner, d'étudier au préalable « les mesures
de toute nature effectivement prises par le club pour prévenir les désordres ». Le PSG pourra
souligner que : 1. La vente des places et leur retrait ont fait l'objet d'une procédure sécurisée.
2. La palpation à l'entrée du Stade de France était assurée par la police. 3. La vidéosurveillance
était celle du Stade de France. 4. Le nombre de stadiers (175) a été validé par la préfecture
lors des réunions de sécurité préparatoires. Il restera à apprécier le degré de rapidité d'intervention
des stadiers. En revanche, le club de la capitale pourrait être inquiété sur l'absence d'inspection
avant la finale du local des Boulogne Boys au Parc des Princes où ont été confectionnés certains
morceaux de la banderole.
La procédure s'arrêtera-t-elle dans quinze jours ?
NON.
La décision de la commission de discipline, qui sera rendue le 30 avril, ne marquera pas la
fin de cette affaire. En cas d'absence de sanction ou si celle-ci était jugée trop faible, la
Ligue fera appel (comme elle l'a fait dans l'affaire Kébé 2). Le PSG fera sans doute de même,
quelle que soit la sanction prononcée. La commission supérieure d'appel de la Fédération française
sera alors saisie. Le dossier se prolongera alors au-delà du 17 mai, date de la fin du championnat.







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