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Autriche : Jörg Haider se tue dans un accident de voiture

11.10.2008, 07h08 | Mise à jour : 16h27
 

Une vitesse excessive est à l'origine de l'accident de la route qui a coûté la vie, tôt samedi matin, à Jörg Haider, chef historique de l'extrême droite autrichienne, selon les premiers éléments de l'enquête.  

Agé de 58 ans, le dirigeant populiste conduisait «nettement plus vite» que les 70 km/h autorisés à l'endroit où s'est produit le drame, une zone semi-urbanisée, a indiqué le responsable de l'enquête, Ernst Friessnegger.

Il a perdu le contrôle de son véhicule alors qu'il quittait un faubourg de la banlieue sud de Klagenfurt, la capitale de la province de Carinthie (sud) dont il était le gouverneur.

Victime de graves blessures à la tête, à la poitrine et à la colonne vertébrale, Jörg Haider, qui était seul à bord et portait sa ceinture de sécurité, est décédé au cours de son transport à l'hôpital de Klagenfurt. Son véhicule, une Volkswagen Phaeton de fonction, a quitté la route pour une raison indéterminée, heurtant un poteau de clôture en béton et une bouche d'incendie avant de faire plusieurs tonneaux, selon la police.

Le pourfendeur de l'Union européenne, hostile à toute immigratlon, se rendait dans sa propriété de Bärental, à une trentaine de kilomètres au sud, où il voulait célébrer le 90e anniversaire de sa mère.

Consternation en Autriche

Tous bords confondus, la classe politique autrichienne a déploré la disparition d'un homme politique «d'exception». Evoquant une «tragédie humaine», le président de la République, Heinz Fischer, a ainsi salué la mémoire d'«un homme politique de grand talent», qui a su «susciter l'enthousiasme mais aussi de fermes critiques».

A l'étranger, on se souvient surtout de l'épisode de 2000, lorsque l'Autriche fut mise au ban des nations européennes après l'entrée du parti d'extrême droite de Haider dans une coalition gouvernementale avec les conservateurs de Wolfgang Schüssel. Les deux partis avaient tous deux remporté un peu plus de 29% des voix juste derrière les sociaux-démocrates.

Forte poussée de l'extrême droite

Marié et père de deux filles, le bouillant dirigeant politique venait de réussir à hisser son parti de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) à la quatrième place de l'échiquier politique du pays lors des élections du 28 septembre. Il avait ainsi contribué avec le BZÖ, au côté de son ex-parti FPÖ, issu d'une formation d'anciens nazis, à la forte poussée de l'extrême droite en Autriche au détriment des deux grands partis, sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP), et des Verts relégués, eux, au 5e rang.

Alors que la population de la petite république alpine, entrée dans l'UE le 1er janvier 1995, reste l'une des plus eurosceptiques des 27 actuels Etats membres, la campagne électorale de Haider sur «l'intolérable perte de l'indépendance et de la liberté d'action» de Vienne au profit de Bruxelles a largement porté ses fruits. Jörg Haider répétait qu'il souhaitait un réferendum pour toutes les grandes décisions européennes. Il avait également remporté des points avec ses discours peu ambigus sur l'immigration, scandant «l'Autriche aux Autrichiens», et en se référant essentiellement à son action comme gouverneur de la Carinthie.

Il avait récemment créé un centre d'accueil de réfugiés considérés comme «délinquants» installé dans une localité isolée à 1.200 mètres dans les alpages.

Et pourtant la campagne électorale de 2008 aura été la plus modérée de la carrière de Jörg Haider, connu dans les années 1990 pour ses dérapages pronazis ou antisémites. Il avait finalement préféré concentrer son discours sur la lutte contre les privilèges et la gabegie dans les hautes sphères du pouvoir à Vienne et Bruxelles et la lutte contre la vie chère. Haider, trop controversé pour rentrer au gouvernement en 2000, avait également annoncé récemment qu'il ne briguerait pas de poste de ministre fédéral en cas de nouvelle coalition avec l'extrême droite.

Le chef des sociaux-démocrates, Werner Faymann, chargé de former le nouveau gouvernement autrichien a, lui, catégoriquement exclu toute alliance avec l'extrême droite.

Leparisien.fr avec AFP

 
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