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AFGHANISTAN.

Comment sont équipés Français et Américains

C’est l’une des polémiques nées après l’embuscade tragique du 18 août, dans laquelle dix soldats français ont péri : ces derniers seraient moins bien équipés que leurs collègues américains. Qu’en est-il vraiment ? Revue de détail.

B.F. | 06.10.2008, 07h00
 

LORS DE PATROUILLES communes, soldats français et américains sont confrontés tous les jours aux insurgés qui ont déclaré la guerre aux forces internationales présentes en Afghanistan. A Kapisa, à une centaine de kilomètres à l’est de Kaboul, où la France a dépêché cet été un bataillon de 700 paras en renfort pour reprendre les bases américaines avancées de Nijrab et Tagab, les accrochages sont désormais quotidiens.

Depuis l’embuscade meurtrière de Surobi du 18 août (10 Français tués et 21 blessés) et l’accrochage du 9 septembre, où trois marines américains sont morts, la fraternité d’armes s’est accrue entre ces combattants. Et le comparatif des équipements que nous avons réalisé sur le terrain prouve que, contrairement aux idées reçues, les soldats français sont presque aussi bien équipés que les Américains. Pour ce qui concerne la dotation classique. Même si beaucoup, il est vrai, s’équipent en plus à leur frais… Mais cela s’est toujours fait dans toutes les armées.

CASQUES ET LUNETTES.
Le Français est équipé d’un casque Spectra dont bénéficient tous les militaires en « opex » (opération extérieure). Il protège beaucoup mieux le cou et les oreilles que les casques lourds classiques des unités en France. Comme les Américains, les Français disposent désormais de lunettes balistiques qui protègent du risque majeur que constituent les éclats. Le casque américain, lui, est équipé en série d’une fixation pour jumelles de vision nocturne.

GILET PARE-BALLES. Le gilet pare-balles américain Ciras de chez Eagle que viennent de toucher les soldats français à Kapisa, et qui équipera bientôt tous les hommes déployés en Afghanistan, est plus souple et modulable que l’ancien modèle français. Il permet notamment de placer le fusil Famas contre l’épaule pour tirer avec plus de précision. Disposant de nombreuses accroches, permettant d’emporter plus de douze chargeurs (au lieu des six réglementaires) de 25 cartouches, il évite ainsi le port supplémentaire d’un gilet de combat.

ARMES. Le Famas, le fusil d’assaut des fantassins français, « fait rêver » le caporal Kevin car, dit-il, « c’est une très bonne arme ». L’Américain est pourtant équipé d’unM4, plus récent et plus léger. Membre du groupe de protection du chef de corps, le caporal-chef Christophe a dû en revanche équiper de lui-même son arme d’une poignée supplémentaire lui permettant une plus grande facilité et rapidité de tir, et d’une lampe pour fouiller plus efficacement grottes et caches d’armes. « C’est un choix », explique-t-il, mais ces aménagements personnels lui ont coûté plus de 300 !De son côté, l’Américain Kevin a dû acheter lui-même son holster pour fixer son pistolet à la cuisse.

TREILLIS ET PROTECTIONS. Moins cintré que son pendant français et plus adapté aux grandes chaleurs, le treillis américain dispose de nombreuses poches à soufflets très pratiques. Le Français Christophe avoue qu’il s’était équipé (pour 18 ) de genouillères juste avant d’en percevoir en Afghanistan. Gants tactiques de combat et protège-coudes lui ont été fournis à son arrivée.

CHAUSSURES. Equipé des vieilles Rangers traditionnelles, le Français lorgne avec insistance sur les chaussures plus confortables de l’Américain. En Gore-Tex, ces chaussures de montagne sont mieux isolées et permettent de marcher dans la neige. Elles ont déjà été adoptées par les chasseurs alpins qui relèveront cet hiver les paras du « 8 » dans les montagnes afghanes.

Le Parisien

 
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