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Afghanistan

L’armée s’explique sur l’embuscade

Bruno Fanucchi | 29.08.2008, 07h00
 

ANCIEN PATRON DU COS (commandement des opérations spéciales), ayant lui-même servi en Afghanistan dès novembre 2001, et aujourd’hui sous-chef « opérations » à l’état-major des armées, le général Benoît Puga, a livré hier de nouvelles précisions sur l’embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français le 18 août dans le district de Surobi, à 80 km au nord-est de Kaboul.

 
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Un décryptage de la bataille visant à couper court aux rumeurs invérifiables circulant depuis dix jours.

Comment sont morts les soldats français ?

Mis à part le l r e classe du régiment de marche du Tchad (RMT), mort au petit matin dans le renversement de son blindé lors de l’évacuation de blessés, ils sont tous morts au combat. « Tous les soldats tombés ont été polycriblés, plusieurs fois touchés et blessés », révèle le général. Tués par balles ou par éclats. « Aucun soldat ne souhaite tomber vivant aux mains de l’ennemi », enchaîne-t-il, en démentant de manière catégorique que les talibans aient fait le moindre prisonnier.

Certains ont-ils été torturés ou dépouillés ?

C’est assurément le point le plus délicat. Toutes les familles des victimes ont été « prévenues des circonstances exactes de la mort de leur être cher ». Mais, ajoute le général, « par pudeur nous ne souhaitons pas communiquer » à ce sujet. Il admet cependant que certains des soldats pourraient avoir été dépouillés de leur équipement et de leur armement : « C’est possible »…

Les interprètes afghans ont-ils trahi ?

Il n’y a « aucun soupçon » sur les quatre interprètes afghans engagés dans cette patrouille. Celui qui accompagnait la section du 8e RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de marine) prise sous le feu dont le nom de code était Carmin 2 est resté jusqu’au bout avec le chef de section et a été tué à ses côtés. « S’il a trahi, il a été puni », lâche le général, en précisant que les trois autres qui étaient avec la seconde section française d’appui (celle du RMT) ont suivi l’ensemble de la bataille et sont rentrés à la base.

Les soldats français ont-ils été à cours de munitions ?

Non. Un seul des neuf soldats tués a été retrouvé avec un chargeur vide. « Pris sous un tir croisé, ils ont riposté chaque fois que possible », raconte le général, en soulignant que les parachutistes sont formés pour « utiliser leurs munitions au coup par coup » et que tous les soldats « gardent un chargeur et une grenade jusqu’au bout ».

Les talibans ont-ils subi des pertes ?

« L’adversaire a été repoussé et durement touché », indique Benoît Puga en confirmant qu’une quarantaine de talibans ont été tués au cours de l’accrochage et qu’une quarantaine d’autres ont été éliminés lors d’une contre-offensive lancée le lendemain avec des forces américaines et françaises. Cette opération a conduit à la destruction d’une « colonne de talibans » supplémentaire, mais aussi à la découverte de « caches d’armes ».

Et le général Puga, qui prendra lundi la Direction du renseignement militaire (DRM), de conclure : « J’ai suivi cette bataille en direct toute l’après-midi puis toute la nuit. Il n’y a pas eu d’erreur commise par le commandement. »

Le Parisien

 
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