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L'Europe menace la Russie de sanctions

28.08.2008, 16h20
 

Poursuivant sa surenchère contre les Etats-Unis et leur projet de bouclier antimissile, la Russie a annoncé qu'elle avait effectué avec succès jeudi un essai de missile Topol, capable de percer une défense antimissile.

Le président russe a aussi implicitement appelé Washington à cesser de soutenir la Géorgie, ex-république soviétique qui cherche à devenir membre de l'Otan et dont les soldats ont été formés par les Américains.

 
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«On sait bien qui a aidé les autorités géorgiennes et les a même encouragées dans la poursuite de leurs propres objectifs. C'est inacceptable et cela doit prendre fin», a déclaré M. Medvedev.

Dans un entretien téléphonique mercredi soir avec le président russe, puis avec le numéro un géorgien Mikheïl Saakachvili, le président français Nicolas Sarkozy avait mis l'accent sur «l'urgente nécessité de faire baisser la tension et d'appliquer pleinement les six  points de l'accord de cessez-le-feu».

Pour les Occidentaux, le respect de l'accord de cessez-le-feu implique en particulier un retrait des soldats russes stationnés dans la région de Poti, un port commercial de première importance dans l'ouest de la Géorgie.

Devant le Conseil permanent de l'OSCE à Vienne, la chef de la diplomatie géorgienne, Eka Tkeshelashvili, a affirmé jeudi que le «nettoyage ethnique» en Ossétie du sud était «presque terminé».

La Géorgie a porté plainte le 12 août devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la Russie pour «nettoyage ethnique» en «violation de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale», selon la CIJ.La Russie a reçu jeudi un soutien relatif de la Chine et d'autres alliés asiatiques, après sa décision de reconnaître les républiques séparatistes géorgiennes, tandis que de possibles sanctions contre Moscou étaient pour la première fois envisagées au sein de l'Union européenne.

Les membres de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS - Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan) «soutiennent le rôle actif de la Russie dans les opérations de paix et la coopération dans la région», ont-ils déclaré lors d'un sommet, à Douchanbé, à propos de la Géorgie.

Fort de cette affirmation, le président russe, Dmitri Medvedev, s'est dit «sûr» que la «position unie des Etats membres de l'OCS aura un retentissement international», à un moment où il est très critiqué par les Occidentaux pour avoir reconnu l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.

L'Organisation de Shanghaï est pourtant restée muette sur la question de l'indépendance des deux territoires pro-russes et a insisté sur la nécessité de «préserver l'unité des Etats et leur intégrité territoriale». Selon la déclaration, les pays de l'OCS ont exprimé «leur profonde inquiétude après les récentes tensions autour de la question de l'Ossétie du Sud» et appelé les parties à «résoudre pacifiquement les problèmes et à faire un effort pour la paix».

Depuis Pékin, la Chine -- elle-même confrontée à des séparatismes -- a souligné sa «préoccupation» face à la situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie. «Nous sommes conscients de l'histoire et de la réalité complexes des problèmes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang. «Nous espérons que les parties concernées pourront résoudre la question à travers le dialogue», a-t-il dit.

Pour la première fois depuis le début de la crise géorgienne, la présidence française de l'Union européenne a évoqué la possibilité de sanctions contre la Russie, dans la perspective du sommet extraordinaire de l'UE qui aura lieu lundi à Bruxelles.

«Des sanctions sont envisagées, et bien d'autres moyens», a déclaré devant la presse le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Paris a toutefois précisé que «la position de la France en tant que présidente du Conseil de l'Union européenne était d'obtenir une position commune» de l'UE.

Ces menaces semblent avoir peu impressionné le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a ironisé en affirmant que l'Union européenne était «simplement irritée» par les déconvenues de la Géorgie, «petit chouchou» de l'Occident. 

La commission européenne a indiqué que le prochain round de négociations entre l'UE et la Russie sur un nouvel accord de partenariat stratégique est «toujours prévu» pour les 15-16 septembre, même s'il pourrait être remis en cause lors du sommet.

leparisien.fr

 
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