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Le ton monte entre Obama et McCain

Les candidats à la présidentielle se retrouvent ce soir pour le deuxième débat de la campagne. Entre les deux camps, les attaques fusent et l’ambiance vire à l’affrontement. Mais à un mois de l’échéance, c’est Obama qui tient la corde.

Guillaume Serina | 07.10.2008, 07h00
 

LES GANTS sont sortis. Les gants de boxe, pas ceux de flanelle. Ce soir, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle du 4 novembre s’affrontent à nouveau dans un débat télévisé. Toutes les grandes chaînes hertziennes nationales (ABC, NBC, CBS, Fox) et les chaînes d’information câblées (CNN, Fox News et MSNBC) retransmettront ce deuxième et avant-dernier face-à-face entre John McCain et Barack Obama, en direct de l’université de Belmont à Nashville (Tennessee, Sud).

L’audimat quelque peu décevant du premier duel, fin septembre, devrait cette fois-ci être battu, l’élection ayant lieu dans moins d’un mois. A ce stade, 10 % des électeurs n’auraient pas encore fait leur choix. Le débat sera donc crucial pour les deux candidats, ces indécis étant sans doute l’une des clés de ce scrutin.

La crise financière, sujet phare du débat


Barack Obama, le candidat du Parti démocrate, a passé la journée de lundi à se préparer. John McCain a, quant à lui, continué à faire campagne activement à Albuquerque, la principale ville du Nouveau-Mexique (Sud-Ouest), un Etat considéré serré mais basculant actuellement dans l’escarcelle des démocrates. N’étant pas naturellement à l’aise dans la configuration du débat, Obama s’est donc entouré de ses plus proches conseillers : David Axelrod, son « stratège en chef » et ami intime depuis 2004 ; Robert Gibbs, son directeur de communication. Sont également inclus dans ce premier cercle son épouse Michelle (bonne connaisseuse des dossiers de l’éducation et de la santé) et Austan Golsbee, économiste et ancien collègue d’Obama à l’université de Chicago. A n’en pas douter, la crise financière et ses répercussions sur l’économie américaine devraient être le sujet phare abordé ce soir. Le contexte s’est tendu dans la campagne ces derniers jours.

Le camp McCain, qui accuse un retard de cinq à dix points dans les derniers sondages, est clairement passé à l’offensive. Par l’intermédiaire de Sarah Palin, candidate à la vice-présidence, mais aussi par d’autres proches du sénateur de l’Arizona. Les républicains tentent notamment de raviver la polémique sur les liens d’Obama avec son ancien pasteur, le sulfureux Jeremiah Wright. « Je ne comprends pas pourquoi on ne parle pas plus de cette association, a lancé Palin dans une interview au New York Times , parce que ce pasteur a dit des choses terribles sur notre pays. »

Contrairement à la campagne de 2004, les démocrates ont décidé de répondre coup pour coup. A l’époque, John Kerry n’avait fermement réagi aux attaques sur ses actions héroïques pendant la guerre du Viêt Nam que bien trop tard. Cette fois-ci, le camp Obama s’apprête à dénoncer, dans une vidéo d’une quinzaine de minutes, les liens entre John McCain et Charles Keating, un banquier accusé de fraude à la fin des années 1980. Obama arrivera-t-il à garder un ton positif dans sa campagne, alors que de nombreux caciques du Parti démocrate le poussent à être plus agressif ? Le sénateur de l’Illinois fait la course en tête, à moins d’un mois de l’arrivée. Il a désormais, bel et bien, la Maison-Blanche en ligne de mire.

Le Parisien

 
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