Après avoir provoqué la mort de 47 personnes en Haïti et frappé les Bahamas, l'ouragan Ike poursuivait son chemin de destructions lundi sur l'île de Cuba qui, en état d'alerte maximal, a évacué plus de 800.000 personnes de zones à risque où des inondations ont déjà causé d'importants dégâts.
Ouragan «très dangereux» de catégorie 3 sur 5 sur l'échelle Saffir-Simpson, Ike a frappé la côte orientale Nord de Cuba dans la nuit de dimanche à lundi, entamant une traversée d'est en ouest de presque toute l'île, y compris la capitale, en direction du Golfe du Mexique et du sud des Etats-Unis, a indiqué l'Institut de météorologie de Cuba (Insmet).
Ike est la quatrième dépression majeure à frapper en trois semaines la région des Caraïbes, après Fay, Gustav et Hanna, qui ont fait des centaines de morts, pour la plupart en Haïti, mais aussi notamment en République dominicaine ou dans l'Etat américain de la Louisiane.
Une semaine après le passage de Gustav qui avait dévasté l'ouest de Cuba mais sans faire de morts, toutes les provinces orientales et centrales de l'île, mais aussi de La Havane, se trouvent dans l'oeil de mire du nouvel ouragan Ike qui a entraîné l'évacuation de plus de 800.000 personnes, dont quelque 10.000 touristes étrangers de Varadero, la plus grande station balnéaire du pays à 140 km à l'est de la capitale.
Entré par la province d'Holguin avec des soufflants à 195 km/h, Ike doit quitter l'île mardi aux environs de La Havane (ouest) ou encore de la station balnéaire de Varadero, selon l'Insmet.
Dans les zones côtières de l'est du pays, un millier d'habitations ont été touchées, dont 200 complètement détruites, par des inondations et des vagues immenses de sept mètres provoquées par l'ouragan, selon la Défense civile qui fait état de sept blessés.
«C'est toute la nation qui se trouve aujourd'hui sur le pied de guerre», a estimé Fidel Castro, l'ancien président de 82 ans, en convalescence depuis deux ans, dans une «réflexion» lue à la télévision nationale. Son frère Raoul, qui lui a succédé à la tête de l'Etat, multipliait lui les réunions d'urgence, selon la télévision.
Ala Havane, la population continuait à se préparer à l'arrivée mardi de l'ouragan, en faisant des réserves en eau, nourriture et combustible, et en protégeant les fenêtres de leurs maisons avec des panneaux de bois. Aucune évacuation n'a été rapportée jusqu'à maintenant dans la capitale de deux millions d'habitants.
La province occidentale de Pinar del Rio et la municipalité de l'Ile de la Jeunesse, encore sous le choc des destructions causées par Gustav, doivent être épargnées par l'oeil de Ike, selon les autorités cubaines qui ont par ailleurs suspendu les vols intérieurs.
Le 30 août, Gustav, ouragan de catégorie 4, avait détruit ou endommagé 140.000 bâtiments dans ces régions avec des rafales record pour Cuba à 340 km/h, mais sans faire de mort comme cela a été le cas dans d'autres pays des Caraïbes et dans l'Etat américain de la Louisiane.
Les fortes pluies provoquées par le passage de Ike au large d'Haïti ont causé 47 morts, dont des enfants, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le seul village de Cabaret (nord), balayé par des trombes d'eau, selon le Premier ministre du pays, Michèle Pierre-Louis.
Haïti se trouvait déjà dans une grande misère après avoir été ravagé par trois perturbations majeures en trois semaines, Fay, Gustav et Hanna, qui ont fait plus de 570 morts et laissé des milliers d'habitants sans abri, manquant d'eau potable et de nourriture.
Avant de frapper Cuba, l'oeil de Ike a balayé l'île de Great Inagua (sud-est des Bahamas) avec la force d'un ouragan de catégorie 4, couchant des poteaux électriques et arrachant des arbres et des toits de maisons. Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir s'il y avait des victimes.
Leparisien.fr avec AFP














