La thaïlande a franchi un cap dans la violence ce mardi dans le cadre des manifestations antigouvernementale. Une femme a été tuée par l'explosion d'une voiture non loin du Parlement à Bangkok, théâtre de manifestations, selon un responsable médical thaïlandais.
Lors des affrontements entre police thaïlandaise qui a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants antigouvernementaux, au moins 116 personnes ont été blessées.
Les protestataires d'obédience royaliste ont réussi à couper l'alimentation électrique au Parlement, entraînant un «black-out» dans certains bâtiments et forçant les autorités à recourir à des générateurs, a indiqué une correspondante de l'AFP sur place.
Des milliers de manifestants avaient commencé à faire le siège du Parlement lundi soir pour tenter d'empêcher le nouveau Premier ministre Somchai Wongsawat de présenter aux députés la politique de son gouvernement.
Les incidents ont éclaté tôt mardi matin lorsqu'un millier de policiers ont cherché à reprendre le contrôle d'une avenue, bloquée par des barricades, et se sont heurtés à quelque 2.000 manifestants, a déclaré un responsable de la police.
Deputés et sénateurs bloqués dans le parlement
Des centaines de députés et de sénateurs thaïlandais se sont ainsi retrouvés bloqués mardi dans le Parlement, encerclé par des manifestants, a indiqué un ministre, ce qui a obligé le Premier ministre à escalader une grille d'enceinte pour s'échapper.
La session a été boycottée par l'opposition mais M. Somchai a prononcé son discours et s'est retrouvé ensuite bloqué, avec des centaines d'autres parlementaires, à l'intérieur du bâtiment, dont les portes de sortie ont été entravées par des manifestants.
«A mon avis, ça va être difficile de sortir aujourd'hui, mais nous finirons par sortir», a déclaré le ministre de l'Agriculture Somsak Prisanananthakul, ajoutant: «Les manifestants sont très nerveux, nous devons attendre qu'ils se calment».
Les manifestants appartiennent à «l'Alliance du peuple pour la démocratie» (PAD), cette coalition hétéroclite d'opposants qui compte parmi ses dirigeants des hommes d'affaires, d'anciens officiers et des syndicalistes occupe depuis le 26 août le siège du gouvernement.
La PAD, qui compte parmi ses dirigeants des hommes d'affaires, d'anciens officiers et des syndicalistes, a juré de poursuivre son mouvement tant que le Parti du pouvoir du peuple (PPP) serait au gouvernement.
Le PPP est dominé par des alliés de Thaksin Shinawatra, qui a gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être renversé par des généraux royalistes et de se réfugier en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption
Le vice-Premier ministre thaïlandais a présenté mardi sa démission
Le vice-Premier ministre thaïlandais Chavalit Yongchaiyudh, qui était en charge de négociations avec des manifestants antigouvernementaux, a présenté mardi sa démission à la suite de violences.
M. Chavalit a expliqué que l'attitude des forces de sécurité, qui ont réprimé des protestataires mardi près du Parlement, «n'était pas conforme» à ce qu'il avait «promis».
«Je considère que je dois prendre la responsabitité pour les victimes» et «je démissionne de mon poste de vice-Premier ministre à compter de maintenant».
M. Chavalit, homme politique chevronné âgé de 76 ans, avait été chargé le mois dernier par le Premier ministre Somchai Wongsawat de mener des négociations avec des opposants d'obédience royaliste qui campent depuis le 26 août devant le siège du gouvernement à Bangkok.
Les négociations entamées par M. Chavalit avaient commencé à être compromises lorsque deux leaders de la PAD, Chaiwat Sinsuwong et Chamlong Srimuang, avaient été arrêtés séparément vendredi et dimanche dernier.
La PAD a juré de poursuivre son mouvement de protestation tant que le Parti du pouvoir du peuple (PPP) serait au gouvernement.
Le PPP est dominé par des alliés de Thaksin Shinawatra, qui a gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être renversé par des généraux royalistes et de se réfugier en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption.
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