PAS ÉVIDENT qu’il en aille de même au décompte des médailles mais, pour le concours patriotique au village olympique, c’est fait : la France a battu la Chine. Au neuvième étage du bâtiment D2 pend un drapeau tricolore monstrueux, quelque chose comme quatre mètres sur cinq. Philippe Bana, DTN du handball, vit à l’étage d’en dessous, et il ne voit plus rien de sa fenêtre.
La délégation française occupe deux cages d’escalier dans ce complexe immobilier qui deviendra une résidence pour classes supérieures. On dénombre quatre appartements (deux six-pièces et deux trois-pièces) par palier, avec les salons transformés en chambres. « Les Jeux, dit Philippe Bana, sont le seul contexte où tu retrouves l’auberge de jeunesse des stages sportifs de ton enfance. A l’heure de la professionnalisation, le village olympique est le dernier lieu où les athlètes acceptent de se mettre à nu, c’est un beau signe. »
« Les chambres sont plus grandes qu’à Athènes »
Le « médical » occupe tout un rez-de-chaussée, avec ses cabinets d’examen, l’échographie et le petit labo de biologie, le lit du médecin de garde, les tables de massage, la piscine d’eau glacée coincée dans une douche. Cela fleure l’eucalyptus chez les kinés, qui ont eu la main un peu plus lourde que les toubibs avec les huiles essentielles censées atténuer les effets de la pollution.
Il y a des canapés dans les halls d’entrée, et sur un portant, une veste en coton XXXXXXL, copie de la tenue de ces dames pour la cérémonie d’ouverture. Les premiers athlètes arrivés (cela se remplit, les nageurs arrivaient hier soir) la dédicacent. « Ensemble nous serons plus forts » (Gladwys Epangue, taekwondo). Il y a de petites terrasses, des tentes et du mobilier de jardin sur les pelouses. « C’est le plus beau village olympique qu’on n’ait jamais vu », estime René Rambier, un membre du staff qui en a vu quelques-uns.
La France a réussi à être idéalement placée, en face des bus et du restaurant. Thierry Omeyer, le gardien de but du hand : « Les chambres sont plus grandes qu’à Athènes, on a des rallonges de lit pour les grands. En 2004, il fallait prendre le bus pour aller manger ; là, c’est à cent mètres. Les bénévoles chinois sont très accueillants. Au stade, ils sont cinq à nous indiquer les douches. »
Le point noir, c’est ce grillon électronique ultra-bruyant (pour éloigner les oiseaux ou pour la touche d’exotisme ?) quelque part dans un arbre. Sa fréquence ? « Alain Bernard, c’est 53 coups de bras par minute, dit Claude Fauquet, DTN de la natation ; pour le grillon, on ne sait pas. » Difficile de lui couper le sifflet, il y a des membres de l’organisation tous les mètres et forcément des caméras.
Le brouillard de pollution a fait un retour en force hier à Pékin, après deux jours d’un superbe ciel bleu. Visibilité réduite, yeux qui grattent, gorges irritées. La plupart des médicaments importés par le service médical de la délégation française concernent les conjonctivites et les affections ORL.
Le Parisien











