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Manaudou, un avenir en pointillé

A trois jours de son entrée en lice, dimanche, pour les séries du 400 m nage libre, Laure Manaudou espère « toujours être la meilleure ».
Championne olympique ou pas, elle pourrait être tentée par un break après Pékin.

Frédéric Michel | 07.08.2008, 07h00
 

ELLE SERA peut-être championne olympique. Ou peut-être pas. Le résultat de ces Jeux pèsera, semble-t-il, d’un poids limité sur l’avenir de Laure Manaudou. C’est un peu comme si, à 21 ans bien tassés et après huit années d’une jeunesse entière consacrée à sa réussite, l’idée de faire une pause était devenue quelque chose de vital pour elle.

« Avec Laure, on est sur le fil en permanence », faisait remarquer hier Lionel Horter, son entraîneur depuis le début de l’année à Mulhouse.

Inutile de questionner la Française sur ses intentions. A fleur de peau, son discours évolue selon ses humeurs et les difficultés rencontrées. Elle ne se projette pas. Face aux médias, dans les salons du Club France, elle a trouvé la formule adéquate pour résumer son état d’esprit actuel : « J’ai hâte de commencer et aussi que ça finisse. »

« Laure a besoin de couper. Mais elle ne peut pas le dire »

C’est un fait, Manaudou rêve d’un break long comme son palmarès et de tourner le dos à cette pression qui la bouffe. « C’est vrai, quels que soient les résultats à Pékin, on n’a jamais abordé la question de savoir ce qu’elle fera à la rentrée », avoue encore Horter. Un non-dit dont se satisfont les deux parties, usées par des derniers mois « très, très pénibles ».

Entraîner Laure est un sacerdoce, une mission aussi délicate que son talent est grand. Après les JO, aura-t-elle encore envie, sera-t-elle capable de s’investir ? Le secret Manaudou reste bien gardé. « Laure a besoin de couper, affirme cependant un proche. Mais elle ne peut pas le dire. » Pas encore. Les enjeux dépassent largement le cadre des bassins. Osera-t-elle partir avec le risque de ne jamais revenir ? « Quand on fait une coupure, le problème, ce n’est pas le temps qu’on décide de s’accorder, mais comment on réagit une fois qu’on a vraiment coupé. »

Quoi qu’il en soit, Laure Manaudou a fait plutôt bonne figure hier midi devant les médias.
Sourires de circonstance. Car, mardi soir et hier matin encore , la jeune femme n’avait aucune envie de se retrouver face aux caméras. Il a fallu que le directeur technique national, Claude Fauquet , entre autres intervienne.

A trois jours de son entrée en lice en séries du 400 m nage libre, Manaudou a précisé qu’elle espérait « être la meilleure (…) mais on ne peut pas toujours être la meilleure ». Elle a ensuite affirmé vouloir prendre « plus de plaisir qu’il y a quatre ans ». Avant de conclure : « Si ça ne se passe pas bien, je ne vais pas mourir non plus. »

Le Parisien

 
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