Alors que le Président Sarkozy rentre de Marrakech sur invitation privée de son Altesse Royale Mohamed VI, alors que les touristes européens s'agglutinent de plus en plus autour des lieux mythiques, des restaurants et des hôtels de luxe, un drame honteux se joue dans la prison de Marrakech.
Mai 68 à Paris, Juin 2008 à Marrakech
Au début du mois de juin 2008, Marrakech à été le théâtre de manifestations estudiantines qui, aux dires de nombreux témoins ont été violemment réprimées par les autorités policières et militaires, entrainant aussi selon des sources (infirmé par les autorités marocaines) la mort d'un étudiant.
Lors de ses événements, un certain nombre d'étudiants ont été arrêtés sans ménagement et incarcérés avant de subir les pires maltraitances en prison.
Suite à leur emprisonnement, cela fait 40 jours que ces étudiants font une grève de la faim, pour que soit reconnue l'aberration de leur incarcération, et que le monde comprenne que la privation de liberté d'expression n'est pas qu'une question chinoise.
Le cas le plus préoccupant est celui de Zahra, une jeune étudiante dont l'état de santé est des plus préoccupants, souffrant de sous nutrition et d'anémie, son pronostic vital est engagé. Pourtant les jeunes incarcérés ont des demandes simples: que soient respectés leurs droits fondamentaux et leur dignité humaine et que leurs conditions de détention soient améliorées.
Pourtant, il semble que les étudiants, à l'instar de leurs aînés français, ne demandaient que des petites modifications leur permettant de travailler dans de meilleurs conditions: avoir des logements à prix raisonnables et de qualité, et bien sûr un peu plus de liberté.
Contrairement aux événements de Mai 68 en France, les étudiants n'ont pas reçu le soutien de la population, de la classe ouvrière et des classes les plus pauvres (...)
Un appel à la mobilisation internationale
Une fois de plus, un appel à la mobilisation internationale a été fait, mercredi 23 juillet, devant des ambassades et les consulats en France, en Belgique, au Canada et aux Etats-Unis pour demander la libération sans condition des étudiants grévistes de la faim et leur prise en charge médicale et psychologique dans les meilleurs délais.
Une nouvelle fois l'association marocaine des Droits de l'Homme a fait preuve de beaucoup de sang froid, prenant le risque de faire incarcérer ses membres pour que le monde puisse avoir une vision noble de ce qui se passe réellement au Maroc. Gageons aussi que l'arrivée de fonctionnaires outrés par les exactions de leurs pairs, sera une source d'information non négligeable, et que l'Etat marocain saura mettre un terme à ses pratiques qui sont intolérables. D'autant que le Maroc se veut être le porte-parole de l'Afrique dans la création de l'Union pour la Méditerranée (...).
Un pas a été franchi avec l'adoption de la loi anti-corruption, mais la route sera longue pour une réforme majeure des institutions, pour une liberté de parole et une vraie liberté de la presse. N'oublions pas que la chaine Aj Jazzera réputé pour son sérieux à été interdite d'émission au Maroc et son directeur d'antenne mis en examen pour avoir rapporté des faits « non vérifiés » à Sidi Ifni, qu'une commission libre à conclu qu'il ne s'était rien passé, que l'armée n'avait commis aucun débordement, alors qu'une foultitude de vidéos sont disponibles sur le net pour montrer tout ce qui « ne s'est pas passé »...
Ludovic, Casablanca
leparisien.fr








