Actuellement en discussion au Parlement, le projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique vise à supprimer les différents obstacles à la mobilité des agents des trois fonctions publiques et entre les secteurs privés et publics. Mais ce texte constitue aussi une étape supplémentaire de la réforme de la police en France, entamée ces dernières années par Nicolas Sarkozy.
Celle-ci se traduit notamment par le rapprochement croissant entre la police et la gendarmerie, cette dernière risquant même de perdre son identité, pour ne pas dire son âme dans cette opération. Simultanément, l’actuel locataire de l’Elysée n’a cessé de favoriser les polices municipales, renforçant notablement leurs prérogatives répressives. D’ailleurs, une proposition de loi, défendue par des élus UMP, vise aujourd’hui à attribuer la qualité d’agent de police judiciaire (APJ20) aux gardes champêtres. Nul doute que cette prévenance sera aussitôt étendue, par la volonté de quelques parlementaires intéressés, aux agents de police municipale, cantonnés à la qualification d’agent de police judiciaire adjoint (APJA21), suivant en cela la démarche entreprise pour le recrutement intercommunal en 2002.
La police en France sera alors semblable à son homologue d’outre-Quiévrain ; un fonctionnaire de police belge peut débuter dans la police fédérale (la gendarmerie royale ayant fusionné en 2001 avec la police fédérale) et poursuivre sa carrière au sein d’une police communale (ou vice versa). Mieux, grâce à l’actuel projet de loi, le policier français au sens large aura la faculté de travailler pour une officine de sécurité privée tout en conservant la possibilité de réintégrer la fonction publique en cas de difficulté.
Reste une interrogation : une telle évolution améliorera-t-elle la sécurité des Français ? En dépit de discours officiels lénifiants, rien n’est moins sûr…
Laurent Opsomer, Hergnies (59)
leparisien.fr












