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La Bourse de Tokyo s'envole dans la foulée de l'Europe et de Wall Street

14.10.2008, 06h18
 
La Bourse de Tokyo, fermée lundi, a réagi dans l'euphorie mardi aux plans de soutien aux banques concoctés par les principales puissances économiques mondiales ce week-end, dépassant même les rebonds enregistrés en ce début de semaine à Wall Street et en Europe.
A la clôture mardi, le Nikkei a enregistré la plus forte hausse de son histoire (+14,15%), reprenant une partie du terrain perdu lors du krach de la semaine dernière (-24,33%).

L'indice tokyoïte fait ainsi mieux que Wall Street, qui a fini lundi soir sur un feu d'artifice de 11,08%, une hausse jamais vue de plus de 900 points en une séance. Dépassés également les hausses autour des 10% enregistrées en Europe pour la première séance de la semaine.
Les autres places financières asiatiques et océaniennes évoluaient également dans le vert mardi, même si leur rebond était moindre qu'à Tokyo.
A 06h15 GMT, le Hang Seng gagnait 4,39% à Hong Kong, le Straits Times progressait de 6,80% à Singapour, Bombay 4,67%, Bangkok 6,85%, Kuala Lumpur 1,78% et Jakarta 6,79%.
Seul la bourse chinoise de Shanghai affichait à la même heure un très léger repli de 0,01%.
En clôture, Manille a pris 7,32%, Sydney 3,7%, Wellington 5,99%, Taipeh 5,40% et Seoul 6,14%.
"Les marchés disaient qu'il était nécessaire d'injecter des fonds dans les institutions financières en difficulté et les gouvernements vont dans ce sens depuis le G7" des grands argentiers de la planète vendredi, a expliqué Kazuhiro Takahashi, chef du services des actions à Daiwa Securities SMBC.
Les investisseurs japonais ont également salué les mesures destinées à stabiliser le marché boursier annoncées dans la matinée par le ministère des Finances, dont un allègement des restrictions sur les sociétés souhaitant racheter leurs actions.
Le Nikkei a également profité de l'injection supplémentaire de 2.000 milliards de yens (15 milliards d'euros) dans le système bancaire mardi par la Banque du Japon (BoJ), qui intervenait ainsi pour le 19e jour ouvrable consécutif. Vendredi la BoJ avait injecté 4.500 milliards de yens (34 milliards d'euros) d'argent frais, un record absolu pour une seule journée.
Raisonnablement optimiste, l'ex-président du Fonds monétaire international (FMI) Michel Camdessus a déclaré mardi au quotidien français Le Figaro que "nous sommes probablement à un tournant de la crise, même si la confiance ne va pas revenir d'un claquement de doigts".
Signe cependant de l'influence de la crise financière sur l'économie réelle, la compagnie aérienne hong-kongaise Cathay Pacific a annoncé mardi une baisse du nombre de ses passagers en septembre, de 0,7% en glissement annuel. Il s'agit de la première baisse depuis 2003 lorsque la compagnie hong-kongaise avait pâti de des conséquences de l'épidémie de la pneumonie atypique (Sras).
Plus optimiste, le ministre du Tourisme indonésien voyait mardi dans l'influx de "stress" lié à la crise financière un atout pour le secteur touristique. Selon lui, le besoin de "décompresser" va encourager les gens à venir se reposer sur les plages.
Imitant l'Europe, le Premier ministre australien Kevin Rudd a annoncé de son côté mardi un plan de soutien à l'économie de 10,4 milliards de dollars australiens (7,25 milliards de dollars US).
Autre signe d'un regain de confiance des marchés mardi: les cours du brut poursuivaient leur mouvement à la hausse dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de "light sweet crude" gagnait ainsi 2,02 dollars à 83,21 USD le baril et le baril de Brent progressait de 1,51 dollar à 78,97 dollars. Vendredi, en pleine tourmente financière, les cours de l'or noir étaient passés sous les 80 dollars, que ce soit pour le Brut ou le Brent.
La publication prochaine de mauvais indicateurs économiques pour les pays occidentaux pourrait cependant vite doucher l'enthousiasme boursier, selon des analystes.
Mardi, les analystes attendent les chiffres de la production industrielle pour la zone euro en août, et l'Allemagne publiera l'indice ZEW pour octobre, un indicateur mesurant la confiance des investisseurs.
Il n'en reste pas moins qu'en Europe la coopération des gouvernements qui ont promis près de 1.700 milliards d'euros pour dégripper la machine bancaire a, dans l'immédiat, fait oublier la panique de la semaine dernière.
Berlin a mis 480 milliards d'euros sur la table, Paris 360 milliards, La Haye 200 milliards, Madrid et Vienne 100 milliards chacun, Lisbonne 20 milliards. L'Italie a annoncé qu'elle dépenserait autant qu'il le faudrait.
Ces mesures de la zone euro s'ajoutent au plan britannique qui avait montré la voie la semaine dernière avec 380 milliards d'euros.
Ces actions concertées, réclamées de longue date, ont redonné espoir aux investisseurs auparavant restés de marbre face au plan de 700 milliards de dollars du secrétaire au Trésor américain Henri Paulson et à la baisse des taux directeurs des banques centrales.
La quasi-totalité des Bourses européennes ont fini lundi sur des hausses historiques: Paris a pris 11,18%, Francfort 11,40%, Londres 8,26%, Madrid 10,65%, Milan 11,49%.
Garanties aux crédits interbancaires jusqu'au 31 décembre 2009, recapitalisation des banques menacées de faillite: déclinable dans chaque pays, le plan européen vise à réamorcer la pompe du crédit, qui est pratiquement tombée à l'arrêt, menaçant de paralyser l'économie.
"Les banques qu'on assistera devront payer", a souligné le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

AFP

 
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