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Les marchés financiers suspendus aux décisions de l'Eurogroupe

12.10.2008, 12h41
 
Les dirigeants de la zone euro se sont réunis dimanche à Paris pour coordonner des mesures radicales afin de rétablir la confiance sur des marchés totalement déboussolés par la crise bancaire, dans le sillage des recommandations des grands argentiers mondiaux.
Selon un projet de déclaration commune dont l'AFP a eu copie, les Etats se donneront les moyens d'éviter coûte que coûte les faillites de banques, y compris en ayant recours à leur recapitalisation.

Ils pourront intervenir de plusieurs manières pour soutenir les levées de fonds des banques, en fournissant des garanties ou des assurances.
Selon ce projet de texte, les garanties des Etats resteraient en vigueur jusqu'au 31 décembre 2009.
"J'attends un plan ambitieux, coordonné qui apporte des solutions", avait déclaré plus tôt le chef de l'Etat français et président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy, peu avant le début de la réunion à 15H00 GMT.
"Cette réunion a pour but de décider d'une action coordonnée commune pour la zone euro, pour que dans les prochains jours chaque pays puisse mettre en place des mesures qui stabilisent les marchés financiers et qui ne discriminent pas (ndlr: entre les pays)", a déclaré de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.
L'Eurogroupe devait s'efforcer de "mettre du muscle" sur le squelette du plan en cinq points adopté vendredi soir par les sept grands pays industrialisés (G7: Etats-Unis, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, Canada, France et Italie), avait expliqué samedi la ministre de l'Economie française Christine Lagarde. "Vous ne serez pas déçus", avait promis Mme Lagarde.
Le plan d'action du G7 vise à débloquer les marchés monétaires, permettre aux banques de lever des capitaux auprès des secteurs public et privé pour se renforcer, et déverrouiller le marché du crédit immobilier.
Comme l'a laissé entendre dimanche le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, les décisions de l'Eurogroupe devraient s'inspirer du plan de sauvetage britannique, dont les détails seront annoncés lundi, et qui allie nationalisations partielles et garantie des prêts entre banques.
Avant la réunion de l'Eurogroupe, le Premier ministre britannique Gordon Brown, dont le pays ne participe pas à la zone euro, a rencontré le président français.
"Je vais à Paris pour persuader les autres pays européens d'adopter l'approche globale que nous avons prise en Grande-Bretagne", a-t-il déclaré à la presse britannique.
A l'avant-garde de la réponse à la crise financière, Londres détaillera lundi son plan de sauvetage d'un montant total de 500 milliards de livres (636 milliards d'euros), qui passerait par la prise de contrôle majoritaire de deux grandes banques très affaibliess, RBS et HBOS, selon la presse dominicale.
Outre l'entrée de l'Etat au capital des banques (pour un montant de 50 milliards de livres au total), ce plan prévoit une garantie des prêts interbancaires à hauteur de 250 milliards de livres et des injections de liquidités de 200 milliards de livres.
Sans attendre les décisions de l'Eurogroupe, d'autres gouvernements européens peaufinaient dimanche leur propre plan d'urgence, combinant prises de participation des Etats dans les banques, garantie des dépôts des épargnants et mesures de garantie des prêts interbancaires.
Cette dernière mesure est attendue avec impatience par les marchés. La peur des faillites a en effet bloqué le marché interbancaire: les banques n'osent plus se prêter entre elles ni consentir de crédits aux particuliers et aux entreprises, menaçant ainsi l'ensemble de l'économie et du système financier.
Accusée d'avoir fait cavalier seul au début de la crise, l'Allemagne mettait la dernière touche à son propre plan de sauvetage qui se chiffrerait entre 300 et 400 milliards d'euros, selon la presse, et prévoit notamment l'entrée de l'Etat au capital de banques.
Le gouvernement allemand a cependant souligné que les détails de ce plan ne seraient pas rendus publics avant lundi.
Quant au président Sarkozy, il a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire lundi pour examiner un système de garanties interbancaires, selon des sources gouvernementales et parlementaires.
Le gouvernement portugais a décidé d'apporter une garantie d'Etat aux "opérations de financement" des banques à hauteur de 20 milliards d'euros, tandis que la Norvège a présenté dimanche une série de mesures pour accroître les liquidités, dont l'émission d'obligations d'Etat pour jusqu'à 350 milliards de couronnes (41 milliards d'euros).
Partout dans le monde, les gouvernements s'efforcent de rassurer épargnants et investisseurs. Après l'Australie, les Emirats arabes unis ont annoncé qu'ils garantissaient les dépôts dans les banques locales.
Les 185 pays membres du Fonds monétaire international (FMI) ont endossé samedi le plan d'action du G7. Le FMI s'est dit prêt également à aider les pays victimes de la crise financière en cas de problème de liquidités.
La crise "s'étend aux pays émergents", a en effet averti le ministre brésilien de l'Economie, Guido Mantega, lors d'une réunion à Washington des principaux pays riches et émergents du G20.
L'ouverture des marchés boursiers lundi matin sera le premier grand test de l'impact des annonces du week-end.
Mais les mouvements enregistrés sur les Bourses ouvertes dimanche montrent que les investisseurs ne sont pas encore rassurés.
La Bourse du Caire a clôturé en baisse de 3,1%, Dubaï de 5,4%, Tel Aviv de 3,80%. La Bourse saoudienne, la plus importante du monde arabe, s'est toutefois reprise pour terminer en légère hausse de 0,34%, après la réduction par la Banque centrale de son principal taux d'intérêt d'un demi-point, à 5%.

AFP

 
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