Dans la nuit de jeudi à vendredi, les syndicats de médecins ont achevé leurs discussions avec l'assurance maladie sans se mettre d'accord sur une date pour la revalorisation de la consultation à 23 euros ni sur la création d'un secteur de tarification dit "optionnel" qui permettrait de lutter contre les dépassements d'honoraires abusifs.
L'Uncam et les cinq syndicats de médecins libéraux (CSMF, MG-France, SML, FMF et Alliance) ont signé un simple "point d'étape" général qui recense les propositions de chacune des parties et servira de "base" aux discussions.
"Le parasitage incessant du gouvernement provoqué par l'annonce imminente de son plan d'austérité (...) n'aura pas permis aux négociations conventionnelles de déboucher sur des avenants (à la convention qui lie la sécu aux médecins) en bonne et due forme", a regretté la CSMF, premier syndicat de médecins libéraux, dans un communiqué.
Son président Michel Chassang, a parlé d'une négociation "sous contrainte", le gouvernement menaçant d'intervenir s'il n'y avait pas d'entente au cours des négociations conventionnelles, qui définissent les termes de la convention liant les médecins à l'assurance maladie.
Les sujets en discussions (dépassements d'honoraires, nouveau secteur tarifaire "optionnel", rémunération au mérite des médecins et meilleure répartition géographique) devraient être remis sur la table "début septembre", a indiqué le directeur de l'Uncam, Frédéric van Roekeghem.
Parallèlement, les infirmières libérales ont également débattu avec l'Uncam jusque très tard dans la nuit, sans parvenir non plus à un véritable accord sur leur répartition territoriale et la rémunération de leurs actes.
Autant de sujets sur lesquels l'assurance maladie compte faire des économies alors que les dépenses maladie du régime général de la Sécurité sociale ont augmenté de 3,5% sur les six premiers mois de l'année et que le gouvernement doit annoncer, probablement mardi, un plan pour réduire son déficit.
Les mesures d'économie doivent concerner aussi bien la rémunération des médecins, l'hôpital, la gestion du système de soins que les complémentaires.
Quatre milliards d'euros d'économies au total sont nécessaires, a estimé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Dans ces conditions financières contraintes, la date de la revalorisation de la consultation des généralistes à 23 euros (au lieu de 22 actuellement) prévue en mai 2007 pour le 1er juin 2008 et maintes fois repoussée car conditionnée à des maîtrises de dépenses, n'a toujours pas été tranchée.
Les syndicats de médecins qui la jugent "indispensable" voient sa mise en oeuvre effective repoussée, "au mieux", au printemps 2009.
Mettant sous condition cette hausse, l'assurance maladie a demandé jeudi, sans que cela soit noté dans le "point d'étape", qu'un milliard d'euros d'économies soient faites par les médecins sur deux ans grâce à la maîtrise médicalisée des dépenses (496 millions en 2009 et 541 millions en 2010).
Pour le Syndicat des médecins libéraux (SML, minoritaire), il était de toute façon "impossible politiquement" pour le gouvernement d'accepter une hausse de la consultation tout en proposant une augmentation de un à deux points du ticket modérateur (reste à charge de l'assuré ou de sa complémentaire après le remboursement par l'assurance maladie).
AFP









