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La ministre de la justice Rachida Dati visite la prison "pilote" de Metz-Queuleu

29.08.2008, 09h33
 
La ministre de la Justice, Rachida Dati, visite ce vendredi la maison d'arrêt de Metz-Queuleu, l'un des "sites pilotes" en France pour l'application des nouvelles règles pénitentiaires européennes, préconisant une séparation des détenus condamnés de ceux en attente de leur jugement.
La Garde des Sceaux, qui défendra à l'automne devant le parlement son projet de loi pénitentiaire présenté fin juillet en conseil des ministres, constatera comment la prison messine a mis en oeuvre l'une des recommandations énoncées en 2006 par le Conseil de l'Europe en écrouant dans des quartiers distincts les deux catégories de prisonniers, de manière à pouvoir leur appliquer les régimes spécifiques prévus par la loi.

Le code de procédure pénale commande déjà de séparer les détenus purgeant leur peine et ceux en attente de jugement mais, dans la pratique, cette disposition n'est que rarement respectée en raison de la surpopulation carcérale qui frappe d'abord les maisons d'arrêt où sont affectés condamnés et prévenus.
Au 31 juillet, les 231 établissements ou quartiers pénitentiaires du pays (une prison peut comporter plusieurs quartiers) n'ont jamais été aussi remplis, avec 64.250 détenus pour 50.806 places disponibles, soit une densité carcérale de près de 126%, très largement au-dessus de la moyenne européenne.
Avec une réorganisation de fond en comble de la détention ayant entraîné 250 changements de cellule, Metz-Queuleu, où sont écroués quelque 550 prisonniers pour une capacité théorique de 448 places, a réservé ses trois premiers étages aux condamnés qui représentent les deux tiers de ses effectifs.
Les deux dernières coursives ont été attribuées aux personnes en détention provisoire et aux condamnés n'ayant pas épuisé toutes les voies d'appel. La séparation ainsi opérée a également été respectée au quartier des femmes et chez les mineurs.
Un quartier réservé aux "arrivants" a parallèlement été créé pour préfigurer le "parcours d'exécution des peines" que le projet de loi Dati veut instituer. Un "quartier de préparation à la sortie", assorti d'un régime "portes ouvertes" en journée, serait également prévu pour les détenus en fin de peine.
Ces déménagements en cascade, effectués en quelques semaines à l'instigation de la directrice Sophie Bleuet, "n'ont pas été faciles à réaliser", reconnaît sous le couvert de l'anonymat un surveillant. "Des détenus, qui étaient seuls, ont dû partager leur cellule tandis que d'autres ont vu partir d'un mauvais oeil leurs compagnons de détention", ajoute-t-il.
Début juillet, un détenu de 48 ans s'était donné la mort à Metz-Queuleu, le troisième suicide en quelques semaines dans la maison d'arrêt. Ces suicides "ne semblent pas lié à la surpopulation carcérale. L'établissement est suroccupé, mais il ne se trouve pas dans une situation inacceptable", avait alors estimé le procureur de Metz, Rémi Heitz.
Dans un rapport publié en décembre 2007, le comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants du Conseil de l'Europe avait demandé à la France "l'adoption rapide d'une loi pénitentiaire qui intégrerait les normes européennes en matière de privation de liberté" et que soit menée "une stratégie contre le surpeuplement carcéral".
Le projet de loi Dati vise à augmenter de 13.200 le nombre des places dans les prisons françaises d'ici à 2011.

AFP

 
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