"Notre objectif, c'est de gagner des vies, de faire des vies durables", a déclaré la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Michèle Merli, qui donnait le coup d'envoi de cette opération, "jeune et responsable" organisée du 13 au 20 octobre dans toute la France.
Il s'agit "de donner aux jeunes matière à réflexion pour leur permettre de s'autoresponsabiliser", a ajouté Mme Merli.
Cette 9e Semaine de la sécurité routière est dédiée aux jeunes, a-t-elle expliqué, parce qu'ils paient le plus lourd tribut: chaque année plus de 1.400 d'entre eux âgés de moins de 25 ans meurent sur les routes.
A cette occasion, 450 jeunes collégiens des classes de 3e et 4e de la Cité scolaire Michelet ont assisté à deux simulations d'accidents.
Abrités derrière des barrières de sécurité, ils ont vu une Clio bleu percuter à 50km/h un jeune sur son cyclomoteur, qui a voltigé dans les airs, rebondi sur la tête et s'est écrasé au sol comme un pantin désarticulé.
Rapidement sur les lieux, les pompiers ont constaté le décès d'Alex qu'ils ont recouvert d'un linceul blanc.
"Notre mannequin sur le cyclomoteur s'appelle Alex", avait annoncé l'animatrice de la sécurité routière, avant la simulation de l'accident. "Vous riez mais vous allez moins rire", avait-elle prévenu. Car la mort d'Alex, reconstituée là, est une histoire véridique.
Alex, "un pro du scooter", ne portait ni casque, ni gants quand il se rendait au lycée. "Dans sa vie, il ne sera tombé qu'une seule fois", a ajouté l'animatrice.
Les jeunes de 14 à 18 ans sont les plus exposés aux accidents en cyclomoteur avec près de 180 tués et plus de 9.000 blessés chaque année, selon la sécurité routière. Les jeunes de 15 à 24 ans représentaient en 2007 12,6% de la population mais 25,6% des personnes tuées sur la route.
Les collégiens, silencieux, ont ensuite assisté au crash d'une voiture, dont le jeune passager n'avait pas mis sa ceinture de sécurité, avec une autre automobile. Toute l'opération de désincarcération et d'évacuation du blessé a été reconstituée, puis les chiffres énoncés: un choc entre deux voitures roulant à la vitesse réglementaire, 50km/h, est notre poids multiplié par 20.
Les enfants ont retenu ces chiffres. "Ca fait réfléchir", commentent-ils. "Je pensais pas qu'à cette vitesse il puisse y avoir un choc aussi violent", dit une collégienne. "Ca marque. On pense que ça peut arriver à n'importe qui même à nous", ajoute sa camarade. "Alex, il a volé", dit un jeune garçon, impressionné.
Tous ont reçu le sac distribué par la sécurité routière. A l'intérieur, un classeur, des marques pages, des posters géants, un carnet. Sur chacun de ces objets, des avertissements en forme d'interrogation: "Tu préfères avoir l'air d'une tortue sur ton scooter ou d'un légume sur ton lit d'hôpital? Tu préfères passer pour une vieille en roulant à 50 ou ne pas dépasser 25 ans?"
Puis l'injonction "Ne laissez pas votre avenir se briser sur la route", avec des dépliants qui expliquent les risques de l'alcool, la conduite accompagnée ou les règles à scooter.
AFP












