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Mobilisation incertaine pour la "Journée mondiale sur le travail décent"

06.10.2008, 17h52
 
La première "Journée mondiale sur le travail décent" mardi donnera lieu à des manifestations à travers la France à l'appel de six syndicats, mais la mobilisation et les perturbations engendrées par les quelques appels à des arrêts de travail restent très incertaines.
En revanche, très peu d'appels nationaux à la grève ont été enregistrés, laissant augurer des perturbations limitées, notamment dans les transports.

Les syndicats avancent plutôt divisés pour cette journée.
Si les huit organisations seront présentes au Trocadéro vers 17H00 aux côtés des secrétaires généraux de la CSI et de la Confédération européenne des syndicats (CES), Guy Ryder et John Monks, elles ne sont que six (CGT, CFDT, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa) à avoir appelé à manifester dans la journée.
FO et la CFTC ont en effet refusé de se joindre à la "déclinaison nationale" initiée par leurs homologues sur les thèmes de l'emploi, des salaires, des conditions et de la durée du travail, de la protection sociale et des services publics.
Les six n'ont toutefois pas arrêté de modalités d'action communes, préférant en laisser le choix aux fédérations ou unions régionales, qui n'ont que rarement appelé à la grève.
A la SNCF, où la CGT et Sud-Rail ont déposé des préavis pour couvrir juridiquement les salariés qui souhaitent manifester, la direction n'attend "pas de perturbations au niveau national" et renvoie vers ses directions en province pour constater mardi d'éventuelles perturbations régionales.
A la RATP, les perturbations seront "insignifiantes", selon la direction.
Dans le transport aérien, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a jugé "possibles" des "perturbations", mais les mots d'ordre interprofessionnels sont rarement suivis par les contrôleurs aériens.
Dans l'Education, les principaux syndicats ont appelé à manifester. A Paris, un cortège spécifique d'enseignants rejoindra la place de l'Alma au départ de Sèvres-Babylone (14H00).
Mais seuls le Snes-FSU, majoritaire dans le secondaire, et la CGT Educ'action ont appelé nationalement à la grève. Dans le primaire, le SNUipp-FSU a appelé à la grève dans 26 départements.
Dans ceux-ci, lorsque les enseignants grévistes seront plus du quart de l'effectif total de l'école, les communes devront organiser un service de garde, comme le prévoit la loi sur le droit d'accueil à l'école primaire. Mais les maires de 26 communes de Seine-Saint-Denis, de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et de Toulouse ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne l'organiseraient pas.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a exhorté lundi les salariés à se mobiliser, en particulier dans le contexte de la crise financière mondiale.
"Demain (mardi), il faut qu'on soit visibles dans la rue", a-t-il déclaré, sans toutefois se prononcer sur un seuil minimum de mobilisation.
La CFDT a affiché sa prudence, prévenant qu'"on ne mesurera pas le succès de cette journée au nombre de personnes qui seront dans la rue".
"C'est une manif' de plus qui ne permettra pas d'obtenir satisfaction", a prédit de son côté Jean-Claude Mailly (FO), appelant à une action interprofessionnelle déconnectée du mot d'ordre de solidarité internationale, comme c'était le cas lundi en Belgique.
Bruxelles et d'autres grandes villes belges (Anvers, Charleroi, etc.) étaient particulièrement affectées lundi par des grèves, notamment dans les services public et l'industrie.

AFP

 
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