Ce radiologue à la retraite répondra durant quatre jours de "viols et agressions sexuelles", des faits qui se seraient déroulés entre 1996 et 1999 lorsque l'enfant était âgé de 5 à 8 ans.
C'est ce dernier qui, en 2000, avait confié ses parents avoir été victime de sévices sexuels de la part de son grand-père à l'occasion de séjours à Vence pour les vacances. Il avait également mis en cause un hôtelier de la commune, qui comparaîtra devant les assises pour des attouchements qu'il nie.
Plusieurs psychologues qui ont entendu l'enfant au cours de l'instruction ont jugé crédibles des déclarations qu'il a réitérées à chaque audition, y compris lors d'une confrontation avec son grand-père.
Les troubles du comportement manifestés par le garçon, qualifiés par les experts de "syndrome post-traumatique", ont également convaincu les juges de la sincérité de son témoignage.
Les médecins se sont montrés plus prudents sur l'interprétation de traumatismes physiques relevés sur le corps de l'enfant.
En dépit de ses dénégations, Christian Iacono a été placé en détention provisoire trois mois de juillet à octobre 2000. "Choqué", "effondré" par les déclarations de son petit-fils, il a accusé son fils, avec lequel il était en conflit depuis de nombreuses années, de manipuler l'enfant.
Preuve d'une certaine tension au sein de la famille: les droits de visite et d'hébergement de l'enfant chez ses grands-parents avaient été fixés en 1997 par la justice à la demande des parents.
La population de Vence, commune de 17.000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Nice, avait multiplié les gestes de soutien envers son maire (DVD) lors de son incarcération. Après avoir été battu en 2001, pour des questions plutôt liées à la politique locale, Christian Iacono a retrouvé son poste en mars, réalisant, avec 43,76%, son meilleur score dans cette élection.
Le maire de Vence continue de mettre les accusations de son petit-fils, aujourd'hui âgé de 17 ans, sur le compte de "l'extrême tension" familiale, selon Me Gérard Baudoux, qui, aux côtés de Me Eric Dupond-Moretti, plaidera la relaxe.
Son client, ajoute-t-il, est partagé entre "l'angoisse de celui qui doit répondre à des accusations absolument affreuses portées par son petit-fils et une forme de soulagement de pouvoir, au bout de tant d'années, s'expliquer sur cette affaire devant un tribunal.
L'explication pourrait se dérouler à huis-clos, selon la volonté jusqu'alors manifestée par le plaignant.
"Il est évident que les jurés devront s'interroger sur la parole de l'enfant afin de savoir si elle est spontanée ou si elle a pu a être manipulée", explique Me Baudoux.
L'avocat de l'adolescent, Me Stéphane Choukroun, dit ne pas croire à une sorte de "jurisprudence Outreau", qui conduirait à remettre en doute les accusations de l'enfant. "Ce ne sera pas parole contre parole, prévient-il. Il y a dans ce dossier des analyses médicales très claires, ce qui est rarissime dans ce type d'affaires".
AFP








