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Un ouvrier de PSA menacé de licenciement car trop souvent malade

05.09.2008, 19h45
 
Un ouvrier de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est menacé de licenciement en raison d'arrêts maladie jugés trop fréquents, a-t-on indiqué de sources concordantes vendredi, la CGT dénonçant une "chasse aux malades" dans cette usine.
L'entreprise a confirmé que le salarié avait été convoqué vendredi à un entretien préalable en vue de son licenciement et entendu "en raison d'absences fréquentes et répétées", mais elle a refusé de préciser si ces absences étaient liées à des arrêts maladies "tant que la procédure est en cours".

Dans un courier daté du 8 avril, consulté par l'AFP, le service des relations sociales prévenait Khalid El Haouari que s'il devait présenter un nouvel arrêt, son contrat de travail serait rompu. "On me reproche d'avoir été absent 120 jours en 2007 et 21 jours en 2008", a relaté l'ouvrier à l'AFP.
Dans un précédent courrier, la direction explique que ses absences "génèrent des dysfonctionnements d'organisation" de son atelier de montage.
Le Code du travail interdit le licenciement d'un salarié malade ou handicapé à moins qu'il ne soit déclaré physiquement inapte par le médecin du travail.
Selon la jurisprudence de la Cour de cassation cependant, il est possible pour une entreprise de le licencier si elle prouve que ses absences répétées perturbent l'entreprise et entraînent son "nécessaire remplacement définitif".
D'après la CGT, un système de "pools de remplaçants" permet déjà de pallier aux absences des salariés (arrêts, congés, formation) sur le site d'Aulnay (4.000 salariés et 400 intérimaires).
Embauché en 2001, M. El Haouari, 31 ans, affirme avoir été arrêté à de nombreuses reprises depuis fin 2006 pour des pathologies contractées sur le lieu de travail (tendinites, claquage au dos) ou en dehors (fracture du pied, opération au nez).
Pour Philippe Julien, délégué syndical CGT, il "fait partie de ces ouvriers abîmés par le travail et les cadences, dont PSA voudrait se débarrasser ensuite".
Notant la concomitance avec un entretien préalable à sanction d'un autre salarié, et l'envoi de "dizaines de lettres aux salariés qui ont des arrêts maladie", la CGT estime que PSA veut "montrer aux salariés de quoi il s'agit: faire la chasse aux malades" pour "leur faire accepter des cadences de travail encore plus dures et les dissuader de se soigner par la crainte du licenciement".
Si la procédure de licenciement se poursuit, "nous irons aux Prud'hommes", prévient M. Julien.

AFP

 
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