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Angola: le 1er scrutin depuis la fin de la guerre entaché par des problèmes logistiques

05.09.2008, 11h31 | Mise à jour : 06.09.2008, 00h14
 
Retards et problèmes logistiques ont entaché vendredi un scrutin législatif historique en Angola, le premier depuis la fin de la guerre civile en 2002, faisant dire à l'ancienne rébellion de l'Unita que le processus électoral "s'est effondré".
Après des débuts chaotiques, la commission électorale a estimé vendredi après-midi que la majorité des bureaux fonctionnaient malgré les retards constatés le matin dans capitale en raison de problèmes techniques.

Les élections législatives se poursuivront toutefois samedi à Luanda, en raison des problèmes logistiques qui ont retardé l'ouverture de certains bureaux de vote, a annoncé vendredi soir la commission électorale.
Les bureaux "qui ont eu des problèmes à ouvrir devront rouvrir demain et ceux qui n'ont pas ouvert du tout devront également rouvrir demain", a déclaré le président de la CNE, Caetano Sousa, lors d'une conférence de presse.
Dans ce climat de confusion, le leader de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita, opposition), Isaias Samakuva, a estimé dans la soirée que le processus électoral "s'était effondré" et a demandé avec d'autres petits partis d'opposition l'annulation du scrutin.
Ce désordre typique de la tentaculaire capitale, où cinq à sept des 16 millions d'Angolais ont trouvé refuge face aux dévastations de la guerre civile, a toutefois semblé épargner les provinces dépeuplées de l'immense pays.
Le décompte des voix commencera dès la fermeture des bureaux et, selon la loi, les résultats doivent être annoncés dans les quinze jours.
Les observateurs de l'Union européenne (UE), qui avaient dénoncé le "désastre" créé par l'absence de listes électorales et le retard pris dans l'installation du matériel, ont constaté que les choses s'étaient "normalisées" dans l'après-midi.
A Luanda, où sont inscrits 21% des huit millions d'électeurs, des centaines de personnes ont patienté durant des heures devant des bureaux de vote fermés. Parfois, les tentes abritant les urnes n'avaient toujours pas été montées plusieurs heures après l'ouverture prévue du scrutin.
Dans le quartier du palais présidentiel de Cidade Alta, dont les bâtiments colonialistes portugais surplombent la baie de Luanda, le président José Eduardo dos Santos a voté quant à lui tôt vendredi, en toute sérénité.
"Pour le moment tout se passe bien", a déclaré le président, 66 ans dont 29 au pouvoir, pour qui ces élections représentent "un moment historique".
La victoire de son parti, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA, marxiste) qui dirige l'ancienne colonie portugaise depuis son indépendance en 1975, paraissait acquise.
Le MPLA a largement dominé une campagne par ailleurs paisible, utilisant ouvertement les médias d'Etat qui ont consacré une couverture quotidienne aux activités du président. Ce dernier a multiplié les inaugurations liées à la reconstruction d'un pays dévasté par 27 années de guerre.
Ces législatives ont valeur de test pour M. Dos Santos avant un scrutin présidentiel annoncé pour l'année prochaine.
Les deux tiers des Angolais vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ce pays riche en diamants, qui dispute au Nigeria la place de premier producteur de pétrole du continent et enregistre en 2008 une croissance de plus de 20%.
La principale inconnue réside dans le vote des immenses bidonvilles de Luanda, dont 90% de la population vit dans une misère sordide côtoyant l'opulence de l'élite.
En 1992, les rebelles de l'Unita avaient rejeté les résultats d'élections organisées lors d'une trêve dans la guerre civile. Il a fallu la mort en 2002 de Jonas Savimbi, le chef du mouvement, pour que le conflit prenne fin.

AFP

 
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