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Crise géorgienne: menacée de sanctions, la Russie fustige les Etats-Unis

28.08.2008, 12h15 | Mise à jour : 29.08.2008, 00h08
 
La Russie a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir interféré dans le conflit en Géorgie à des fins de politique intérieure, tandis que de possibles sanctions contre Moscou étaient pour la première fois envisagées au sein de l'Union européenne.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a affirmé que le conflit déclenché par la Géorgie dans la république séparatiste d'Ossétie du Sud avait été orchestré par Washington.

"Le fait est que des citoyens américains se trouvaient dans la zone de conflit pendant les hostilités. Il devrait être admis qu'ils étaient là après avoir reçu des ordres de leurs supérieurs (...). Et le seul qui peut donner de tels ordres, c'est leur dirigeant", a-t-il accusé dans un entretien à la chaîne américaine CNN.
"Si j'ai bien compris, cela laisse penser que quelqu'un aux Etats-Unis a créé ce conflit spécialement pour que la situation empire et pour créer un avantage en faveur de l'un des candidats (...) à la présidentielle (américaine)", a-t-il ajouté dans une allusion voilée au républicain John McCain.
Une accusation aussitôt réfutée par Washington qui l'a jugée "non rationnelle".
Un haut responsable militaire russe a pour sa part accusé la Géorgie de continuer à "redéployer" des forces militaires en direction de l'Ossétie du Sud et de rétablir la capacité de combat de ses forces avec l'aide de pays étrangers.
Les Etats-Unis, qui ont annoncé un réexamen de leurs relations avec la Russie, ont évoqué une possible annulation de leur accord bilatéral de coopération nucléaire civile, tout en jugeant toute annonce prématurée.
De son côté, la présidence française de l'Union européenne a évoqué pour la première fois depuis le début de la crise géorgienne la possibilité de sanctions contre la Russie, dans la perspective du sommet extraordinaire de l'UE qui aura lieu lundi à Bruxelles.
"Des sanctions sont envisagées, et bien d'autres moyens", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. L'UE apparaît toutefois divisée à ce sujet et ses options semblent limitées.
Ces menaces semblent avoir peu impressionné le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a ironisé en affirmant que l'Union européenne était "simplement irritée" par les déconvenues de la Géorgie, "petit chouchou" de l'Occident.
Il s'exprimait en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), à Douchanbé, où la Russie a reçu un soutien en demi-teinte de la Chine et d'autres alliés asiatiques, après sa décision de reconnaître les républiques séparatistes géorgiennes.
Les six pays de l'OCS -- Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan -- ont déclaré soutenir "le rôle actif de la Russie dans les opérations de paix et la coopération dans la région".
L'Organisation de Shanghaï est toutefois restée muette sur la question de l'indépendance des deux territoires pro-russes et a insisté sur la nécessité de "préserver l'unité des Etats et leur intégrité territoriale", la Chine étant elle-même confrontée à des séparatismes.
En revanche, le président bélarusse Alexandre Loukachenko, fidèle allié de Moscou, a déclaré que la Russie n'avait pas eu "d'autre choix" que de reconnaître les deux républiques, son ambassadeur à Moscou laissant même entendre que Minsk allait prochainement faire de même.
Le Bélarus deviendrait alors le premier pays, après la Russie, à reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.
Le président russe, Dmitri Medvedev, très critiqué par les Occidentaux, s'est pour sa part dit "sûr" que la "position unie des Etats membres de l'OCS aurait un retentissement international".
Poursuivant sa surenchère contre les Etats-Unis et leur projet de bouclier antimissile, la Russie a annoncé qu'elle avait effectué avec succès jeudi un essai de missile Topol, capable de déjouer une défense antimissile.
De son côté, la Maison Blanche va débloquer une enveloppe de 5,75 millions de dollars pour aider la Géorgie à faire face au problème des personnes déplacées par le conflit entre la Géorgie et la Russie.
Le Parlement géorgien a réclamé pour sa part la rupture des relations diplomatiques avec la Russie, après la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes géorgiennes et pour protester contre la présence de forces russes en territoire géorgien.

AFP

 
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