Le chef de l'Etat français, qui était accompagné du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du diplomate en chef de l'UE Javier Solana, a aussi négocié le déploiement d'au moins 200 observateurs de l'UE en Géorgie d'ici au 1er octobre, une concession de Moscou.
"Ce que nous avons décidé avec le président Medvedev signifie concrètement: dans une semaine maximum, la levée des checkpoints (russes) entre Poti (port stratégique géorgien, ndlr) et Sinaki", a déclaré M. Sarkozy à l'issue de quatre heures d'entretien avec M. Medvedev à Barvikha, près de Moscou.
"Dans un mois, le retrait complet des forces militaires russes du territoire géorgien, hors Ossétie (du Sud) et Abkhazie. Un mois", a poursuivi M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune.
M. Medvedev a souligné que ce retrait serait soumis à la signature par la Géorgie de "documents juridiquement contraignants, garantissant le non usage de la force contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud".
Il a assuré toutefois avoir reçu une "garantie de l'Union européenne et de la France" en la matière, M. Sarkozy ajoutant lui avoir remis une lettre en ce sens du président géorgien, Mikheïl Saakachvili.
La délégation européenne, emmenée par le président français, s'est ensuite envolée pour Tbilissi où elle devait réaffirmer le soutien de l'UE à M. Saakachvili et tenter de consolider les avancées obtenues à Moscou.
La Géorgie, que Moscou accuse régulièrement de restaurer son "potentiel militaire" sous couvert d'aide humanitaire américaine, a aussitôt salué le calendrier de retrait russe de son territoire.
"C'est un résultat très important du président Sarkozy qui vise à l'application complète du plan en six points" de paix négocié en août, a affirmé à l'AFP Alexandre Lomaïa, Secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien.
En liaison avec le retrait russe, "pas moins de 200 observateurs de l'UE" seront déployés en Géorgie, hors Ossétie et Abkhazie, "pas plus tard que le 1er octobre 2008", a ajouté M. Medvedev.
La Russie, qui privilégie l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), dont elle est membre, avait jugé juste auparavant que des observateurs de l'UE "conduiraient à une fragmentation superflue" de la mission sur place de cette organisation.
"Les discussions internationales (sur l'Ossétie et l'Abkhazie), prévues par le plan en six points Medvedev-Sarkozy du 12 août, commenceront le 15 octobre 2008 à Genève", a poursuivi M. Medvedev.
Elles porteront sur "les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud", telles que mentionnées au point six, a précisé Nicolas Sarkozy.
Depuis la conclusion du plan de paix, Moscou a unilatéralement reconnu l'indépendance des deux territoires séparatistes géorgiens le 26 août, provoquant un tollé en Occident.
"Ce choix est définitif et irréversible (...) Nos décisions sont sans appel", a martelé M. Medvedev.
"L'Union européenne condamne cette décision unilatérale" qui fait fi de l'intégrité territoriale de la Géorgie, a pour sa part souligné le président français.
Après l'accord survenu lundi, l'UE pourrait toutefois reprendre "dès octobre" les négociations sur un nouveau partenariat stratégique avec la Russie, notamment dans l'énergie, gelées le 1er septembre en raison du maintien de forces russes en profondeur sur le territoire géorgien, a-t-il poursuivi.
"Les choses sont parfaitement claires, nous voulons un partenariat et nous voulons la paix", a ajouté M. Sarkozy en se félicitant également de "l'émergence d'un acteur de poids, l'Union Européenne, dans cette crise".
Faute d'accord, l'UE avait menacé de durcir le ton à l'égard de Moscou. L'annulation du sommet UE-Russie du 14 novembre figure parmi les sanctions possibles.
AFP












