Le Premier ministre Stephen Harper et son principal rival, le leader libéral Stéphane Dion, ont effectué lundi un dernier marathon à travers le Canada, d'un océan à l'autre, pour consolider leurs appuis et essayer de convaincre les nombreux indécis.
"Notre parti est le seul à disposer d'un bon bilan et d'un plan clair (...) qui, en plein milieu de la crise financière mondiale, ont permis à notre économie de continuer à créer des emplois et de protéger vos comptes en banque", a déclaré M. Harper à l'occasion d'une étape à l'île-du-Prince-Edouard (est), avant de se rendre dans l'ouest du pays.
Il a appelé ses partisans à aller voter affirmant que la "victoire n'est pas garantie" et que "chaque vote compte".
De son côté, le libéral Stéphane Dion a invité les électeurs à s'unir pour "stopper Stephen Harper", affirmant que celui-ci n'a pas de plan pour faire face à la crise mondiale. "Nous ne voulons plus de Stephen Harper", a-t-il lancé.
L'opposition avait réussi à mettre M. Harper sur la défensive l'accusant d'inertie et d'indifférence devant le sort des Canadiens confrontés aux conséquences de la tourmente financière.
La crise mondiale pourrait avoir privé M. Harper de la majorité qui semblait à sa portée au début de la campagne. Tous les derniers sondages prévoient que les conservateurs devraient l'emporter, mais en restant minoritaires. Ils avaient 127 députés sur 308 dans la chambre sortante.
Un sondage de l'institut Strategic Counsel pour le quotidien torontois The Globe and Mail et la chaîne CTV créditait lundi les conservateurs de 33% des intentions de vote, contre 28% aux libéraux, des scores inférieurs à ceux des deux partis lors des élections précédentes en janvier 2006.
L'institut note cependant que tout n'est pas joué car il reste un nombre important d'indécis. "Le vainqueur va franchir la ligne d'arrivée en trébuchant après une course peu inspirante", a commenté Peter Donolo de Strategic Counsel.
Un sondage de l'institut Nanos, qui s'était montré le plus exact lors du scrutin précédent de 2006, accorde aux conservateurs 34,2% des appuis, contre 26,7% aux libéraux. Pour Nanos, dont l'étude a été rendue publique lundi après-midi, les conservateurs "sont assurés d'un second mandat", après avoir accru leurs appuis dans la province d'Ontario, la plus peuplée du pays.
L'élection de mardi est la troisième en un peu plus de quatre ans. Les deux dernières ont amené au pouvoir un gouvernement minoritaire.
Le sort des libéraux dépendra en grande partie de leur capacité à éviter la dispersion des votes du centre-gauche et de la gauche vers deux formations plus petites, le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) et le parti Vert, qui ont mené des campagnes efficaces et progressé dans les sondages.
Des commentateurs évoquaient l'hypothèse d'une éventuelle coalition pour éviter un retour au pouvoir des conservateurs si ceux-ci arrivaient en tête par le nombre de députés mais avec une faible marge.
Le Premier ministre Stephen Harper a clairement laissé entendre pendant le week-end qu'il ne demeurerait pas à la tête de son parti s'il était battu, ajoutant qu'il devrait en aller de même pour M. Dion.
Ce dernier a répliqué qu'il n'avait aucune intention de suivre les conseils de M. Harper. "Je ne suis pas un lâcheur. Je continuerai à me battre pour le Canada", a-t-il dit.
AFP









