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Lituanie: l'opposition conservatrice en tête des législatives

12.10.2008, 19h27
 
L'opposition conservatrice est arrivée nettement en tête des élections législatives dimanche en Lituanie, selon un sondage à la sortie des bureaux de vote, mais elle n'est pas sûre de pouvoir exercer le pouvoir faute de majorité.
Dès dimanche soir, les principaux partis s'apprêtaient à de difficiles négociations pour former une coalition, comme il est souvent de mise dans ce pays postcommuniste.

Selon un sondage de l'institut RAIT pour l'agence BNS, le parti conservateur, une formation fidèle aux racines catholiques du pays, obtiendrait 21% de suffrages exprimés. Il distance le parti populiste Ordre et Justice de l'ancien président Rolandas Paksas, destitué en 2004, et les sociaux-démocrates qui dirigent le gouvernement sans interruption depuis 2001.
Ordre et justice est crédité de 14% et les sociaux-démocrates du Premier ministre sortant Gediminas Kirkilas de 13%, selon le sondage.
Seuls deux autres partis pourraient dépasser le seuil de 5% des suffrages requis pour entrer au Parlement, d'après cette enquête.
Fondé en mai par un producteur de télé-réalité, le Parti populaire de la résurrection est crédité de 11,2%. Cette formation qui présentait de nombreuses célébrités locales, entend faire renaître chez les Lituaniens la confiance dans l'Etat et les institutions politiques.
Le parti travailliste, une autre formation populiste plus teintée à gauche, qui était arrivé en tête lors des dernières législatives de 2004, arriverait seulement en cinquième position, avec 10,8% des voix.
Le parti travailliste, dirigé par le multimillionnaire d'origine russe Viktor Uspaskich, a souffert des déboires judiciaires de son chef ses dernières années, pour détournements de fonds et fraude fiscale.
Parmi les 141 députés, 70 sont élus à la proportionnelle et l'autre moitié est élue directement dans un scrutin majoritaire à deux tours. Le second tour, dans les circonscriptions où ce sera nécessaire, aura lieu dans deux semaines.
Malgré leur statut de vainqueur, les conservateurs sont restés très prudents dimanche soir, affirmant vouloir attendre les résultats définitifs.
Mais leur chef, Andrius Kubilius, un ancien Premier ministre de 51 ans, n'a pas caché sa réticence à s'allier avec l'un des deux partis populistes. Encore plus catégoriquement, le parti des célébrités exclut toute alliance avec les populistes.
En revanche, le Premier ministre sortant Gediminas Kirkilas a fait de premières avances. "Les responsables politiques ne peuvent pas dire: +Avec ceux-là, je ne peux pas former de coalition+, alors que les gens les ont élus", a-t-il expliqué dimanche soir.
Les analystes n'excluent pas que les sociaux-démocrates ne soient à nouveau le pivot d'une nouvelle coalition et parviennent ainsi à se maintenir au pouvoir, d'autant qu'ils ont réalisé un score supérieur à ce que leur prédisaient les sondages avant le scrutin.
Lors d'un referendum organisé en parallèle, les Lituaniens se sont largement prononcés en faveur de la prolongation de l'exploitation de la centrale nucléaire d'Ignalina, dont la fermeture est réclamée par l'Union européenne, selon des résultats officiels publiés lundi.
La centrale, construite dans les années 1980 du temps où la Lituanie faisait partie de l'URSS, est du même type (RBMK) que celle de Tchernobyl en Ukraine, qui a subi un accident majeur en 1986.
Quelque 92% des votants ont dit "oui" à la prolongation de l'activité de cette centrale située dans le nord-est de la Lituanie, jusqu'à ce qu'une nouvelle centrale soit opérationnelle, selon les résultats de la commission électorale nationale.
Toutefois, seuls 48% des 2,7 millions d'électeurs de cet Etat balte ont participé au scrutin référendaire, ce qui signifie qu'il n'a aucune validité selon la législation lituanienne. Ses promoteurs avaient affirmé que le référendum n'avait pas de valeur contraignante. Mais, selon les analystes, le Premier ministre sortant, le social-démocrate Gediminas Kirkilas, n'aurait pas manqué de mettre en avant la légitimité du référendum s'il avait dépassé le seuil de 50% des inscrits.
Le référendum était destiné à faire pression sur l'UE qui a imposé la fermeture définitive de la centrale fin 2009, dans le traité d'adhésion de la Lituanie. Le premier réacteur a été fermé fin 2004. Le deuxième réacteur doit subir le même sort dans un peu moins de quinze mois. La centrale ne possède pas d'enceinte de confinement, qui permettrait de contenir les émissions radio-actives en cas d'accident.

AFP

 
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