"M. Harper veut absolument aller en élections", a déclaré vendredi le chef du Bloc québécois (indépendantiste) Gilles Duceppe à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre.
A la tête d'un gouvernement minoritaire depuis le début 2006, M. Harper a multiplié les déclarations indiquant qu'il envisageait d'appeler les Canadiens aux urnes, car le parlement est selon lui bloqué par l'obstruction de l'opposition.
Mais il a demandé aux chefs des trois partis d'opposition de le rencontrer pour voir s'il était possible de trouver un terrain d'entente.
Son gouvernement a besoin du soutien d'au moins un parti pour se maintenir au pouvoir et faire adopter ses projets de loi.
La rencontre avec M. Duceppe était la première. Stephen Harper devait voir samedi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD, gauche), Jack Layton. Pour le moment Stéphane Dion, chef du parti libéral, la principale formation d'opposition, a dit ne pas être libre avant le 9 septembre.
Les commentateurs jugeaient peu probable que les rencontres avec les autres chefs de l'opposition permettent de trouver un compromis.
Pour M. Duceppe, le Premier ministre aurait pu continuer à s'appuyer sur un parti ou un autre comme il l'a fait depuis son arrivée au pouvoir, mais il a choisi de retourner devant les électeurs.
La rencontre "m'a permis de constater qu'il veut absolument une élection quitte à aller contre sa loi", a-t-il dit.
M. Harper a fait adopter une loi prévoyant des élections à date fixe, la prochaine devant normalement avoir lieu en octobre 2009. Mais il conserve la possibilité de demander à la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, de dissoudre la chambre, ce qui entraînerait des élections.
L'annonce, cette semaine, que Mme Jean ne se rendrait pas en Chine pour l'ouverture des Jeux paralympiques le 6 septembre, comme cela avait été prévu, a été interprétée comme un signe supplémentaire de l'imminence d'élections.
M. Duceppe a estimé que M. Harper déclencherait les élections avant des partielles prévues le 8 septembre. Cela enverrait les Canadiens aux urnes le 14 octobre, soit quelques jours avant le sommet de la Francophonie qui aura lieu à Québec, du 17 au 19 octobre.
Autre signe de l'approche d'élections: les conservateurs --dont les caisses sont bien remplies, contrairement à celles de leurs rivaux libéraux-- ont lancé vendredi une campagne de publicité soulignant notamment les qualités de leader de leur chef.
M. Harper a d'autre part effectué cette semaine une tournée dans le Grand-Nord pour y affirmer sa volonté de défendre la souveraineté canadienne dans la région, un thème qui figurera en bonne place dans la campagne.
Un sondage vendredi met libéraux et conservateurs pratiquement au coude à coude, avec un léger avantage pour les premiers (35% contre 33%).
Mais quand il s'agit de savoir qui ferait le meilleur Premier ministre, M. Harper l'emporte haut la main sur M. Dion (36% pour Harper et 15% pour Dion).
M. Harper a reconnu cette semaine que les sondages n'étaient pas mirobolants pour son parti et qu'une élection risquait de ramener au pouvoir un gouvernement minoritaire.
Mais il a fait valoir que "le pays doit avoir un gouvernement qui peut fonctionner pendant une période d'incertitude économique".
Ses adversaires répliquent qu'il est pressé de crainte que la situation économique du Canada ne se détériore et pour éviter que ne se développent des affaires embarrassantes pour son parti.
AFP









