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Bayrou veut faire du MoDem la force qui dit "non" à Sarkozy

05.09.2008, 10h22 | Mise à jour : 19h08
 
François Bayrou a affiché vendredi sa volonté de faire du Mouvement Démocrate (MoDem) la force politique qui dit "non, au nom des Français", à la politique de Nicolas Sarkozy, tout en se réjouissant d'alimenter les débats au sein du Parti socialiste.
Ouvrant l'"université de rentrée" du MoDem, à Cap Esterel près de Saint-Raphaël (Var), l'ex-candidat à la présidentielle a prononcé un discours offensif, dénonçant une nouvelle fois l'"arbitraire" et "l'injustice" de récentes décisions du chef de l'Etat et du gouvernement (fichier Edvige, financement du RSA, affaire Corse, dossier Tapie).

"La politique française étant ce qu'elle est, la situation du parti socialiste étant ce qu'elle est (...), nous qui sommes Républicains, qui avons une haute idée de ce que la démocratie doit être, il faut que nous soyons capables, au nom des Français, de dire non", a-t-il déclaré.
"Le MoDem doit être "une force de résistance et un repère pour l'avenir", a lancé le député des Pyrénées-Atlantiques, sous les applaudissements de quelque 1.200 militants.
"Nous sommes la force politique qui va dire à ceux qui nous gouvernent, au nom des Français, que la France, c'est un peuple de citoyens, et pas un peuple de sujets", a-t-il lancé dans "un message pour le pouvoir".
Promettant "d'assumer ce qui doit être la part d'opposition et la part de propositions", il a prévu de tracer au cours du week-end "les lignes principales" du projet de société que, selon lui, les Français appelleront de leurs voeux en 2012.
Plus tard, devant la presse qui l'interrogeait sur l'interview de Vincent Peillon à Libération publiée le jour même, M. Bayrou, partisan d'"alliances larges" avec des socialistes et des gaullistes, s'est réjoui d'être "un des sujets majeurs" de discussions au PS.
M. Peillon, député européen proche de Ségolène Royal, estime qu'"il faudra bien entrer dans un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement" avec le MoDem.
"Ca va lui causer quelques ennuis à l'intérieur du PS!", a pronostiqué M. Bayrou, tout en se réjouissant de voir qu'"un certain nombre de choses commencent à bouger à l'intérieur" de ce parti.
"On peut au moins considérer qu'on n'est pas des ennemis irréductibles", a-t-il ajouté, réaffirmant qu'il faut "réfléchir à une nouvelle architecture politique en France, qui ne soit plus la domination de l'un ou l'autre des deux grands partis".
Jeudi sur son blog, le député Pierre Moscovici, candidat à la succession de François Hollande, appelait pour sa part le PS à ne pas laisser "le champ libre" à François Bayrou. "C'est parce que nous ne jouons pas notre rôle d'opposition (...), parce que nous offrons un spectacle pathétique de division, que (son) image prospère", écrivait-il.
Le MoDem attend plus de 1.600 personnes jusqu'à dimanche.
Le journaliste Jean-François Kahn, qui devait participer dans la soirée à un débat sur l'"état de la société française", s'est dit devant la presse "prêt à (se) présenter aux élections européennes" sous les couleurs des MoDem, sous réserve des décisions du parti sur les investitures.
Invitée surprise, Fred Vargas est attendue samedi soir, avec un ou deux autres auteurs de romans policiers. "Une autre façon de prendre la température de la société", a expliqué M. Bayrou, qui toutefois "ne s'attend pas à un engagement" de l'écrivain.

AFP

 
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