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"Encore un effort pour être de gauche!" lance le PS à François Bayrou

08.09.2008, 12h01 | Mise à jour : 17h59
 
"Encore un effort pour être de gauche!" C'est en substance le message adressé à François Bayrou par le PS, qui continue de privilégier le rassemblement de la gauche, aux dépens d'une alliance avec le MoDem, même si certains de ses responsables sont plus nuancés.
Sans surprise, les socialistes n'ont pas saisi au bond la balle envoyée dans leur camp par le député béarnais le week-end dernier.
Le président du MoDem, qui aspire à être le pivot de l'opposition à Nicolas Sarkozy, a appelé les socialistes, sans les nommer, à se rassembler avec lui pour réussir l'"alternance" en 2012.
François Bayrou remue ainsi le couteau dans les plaies socialistes, la question des alliances étant l'un des ferments des divisions du PS. Elle sera d'ailleurs à nouveau sur la table au congrès de Reims en novembre.
Le leader centriste a exploité aussitôt des déclarations de l'eurodéputé PS Vincent Peillon, l'un des "lieutenants" de Ségolène Royal. "Il faudra bien entrer dans un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement", avait affirmé vendredi M. Peillon.
Un rendez-vous nocturne entre l'ex-candidate PS à l'Elysée, à l'origine de cette initiative, et François Bayrou, avait capoté entre les deux tours de la présidentielle.
La révélation de cet épisode - "à l'opposé de la délibération collective" nécessaire sur un tel sujet, a glissé Lionel Jospin il y a dix jours - avait laissé pantois les dirigeants PS.
Le temps est loin où, alors en concurrence pour l'Elysée, le PS classait invariablement M. Bayrou "à droite".
Socialistes et centristes travaillent ensemble dans certaines grandes villes depuis les élections municipales de mars, comme Grenoble, Lille ou Dijon, a rappelé M. Peillon. Des accords qui s'étaient faits souvent en fonction de considérations locales.
Une nette majorité du parti demeure toutefois hostile à une alliance avec le MoDem.
Au nom du PS, le secrétaire national Bruno Le Roux a déclaré lundi que François Bayrou devait d'abord faire preuve de "clarté" sur son projet politique pour que les socialistes puissent envisager de travailler avec quelqu'un qui aujourd'hui, a-t-il dit, n'est pas "de gauche" et veut par exemple "abroger totalement les 35 heures".
Bertrand Delanoë, candidat à la direction du PS, s'est prononcé fin août contre "des rassemblements avec des gens qui se diraient à la fois de droite et de gauche". Mais il y a des ambiguïtés chez ceux qui soutiennent sa candidature à la direction du parti, comme le maire de Grenoble Michel Destod qui s'est allié au MoDem dès le 1er tour des municipales.
Chez Martine Aubry, qui, au second tour à Lille, s'est alliée aux Verts et enfin au MoDem après avoir rassemblé la gauche au premier tour, c'est non aussi. "Je ne sais pas quelle société veut construire François Bayrou. Pour moi tant qu'il en sera ainsi, le MoDem ne pourra être nationalement un partenaire de la gauche".
Selon Benoît Hamon (gauche du parti), "François Bayrou a besoin du PS pour exister, les socialistes se suicideraient à chercher à le faire vivre".
Jean-Christophe Cambadélis estime, lui, que l'ouverture vers la gauche du président du MoDem - qui avait soutenu l'UMP Alain Juppé à Bordeaux - découle de l'échec de sa stratégie "ni droite, ni gauche" qui lui a valu une débâcle aux municipales.
"Il en tire les conclusions pour faire un pas tactique vers le PS en pariant sur son incapacité à surmonter sa crise et en s'adressant directement aux électeurs socialistes", explique le député de Paris.

AFP

 
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