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Europe de la Défense: Paris veut croire en un "pas majeur" d'ici à décembre

08.09.2008, 13h48 | Mise à jour : 19h13
 
Dix ans après la Déclaration de Saint-Malo, tournant décisif pour la défense européenne, le ministre de la Défense Hervé Morin est revenu lundi dans la cité corsaire dire son espoir qu'un nouveau "pas majeur" sera franchi d'ici à décembre.
A cette échéance prendra fin la présidence française de l'Union européenne dont, a-t-il rappelé, la Défense est l'une des quatre priorités avec le réchauffement climatique, l'énergie et l'immigration.

"Nous entendons faire en sorte que la présidence française soit le moment de la relance de la construction européenne en matière de défense", a lancé M. Morin devant les 350 participants à la 6e Université de la Défense réunie à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
Dans un premier temps, le ministre compte déjà "clairement avancer" lors de la réunion informelle de ses homologues de l'Union européenne, prévue les 1er et 2 octobre prochains.
L'objectif, a-t-il poursuivi, est que "lors du Conseil européen de la fin décembre, l'Europe de la Défense ait fait un pas majeur dans sa construction".
M. Morin a rappelé que décembre 1998, il y a dix ans, restait une "date historique".
Publiée à l'issue d'un sommet franco-britannique, la déclaration de Saint-Malo évoquait pour la première fois une "capacité d'action autonome appuyée sur des moyens militaires crédibles" de l'UE pour gérer des crises internationales.
Depuis, des milliers de soldats européens ont arboré l'écusson "bleu Europe" frappé de ses douze étoiles pour des missions de maintien de la paix en Macédoine, République démocratique du Congo, Bosnie ou au Tchad.
Pour autant, le ministre a rappelé les "ambitions françaises" actuelles pour l'Europe de la Défense.
Au premier rang des priorités, il a placé "la rénovation de la stratégie européenne de sécurité" qui devrait, selon lui, "fixer l'ambition de l'Europe à 15 ans" assortie "d'objectifs concrets et précis".
La seconde priorité, a poursuivi M. Morin, est "l'augmentation des capacités" militaires européennes. Le ministre a cité la "forte portée symbolique de l'A400M", le futur Airbus militaire qui doit effectuer son premier vol prochainement et dont la France souhaite que l'Europe partage une "flotte commune".
Le ministre de la Défense a également parlé d'un "groupe aéronaval européen" qui, a-t-il précisé, verrait les quatre pays européens disposant soit de porte-avions, soit de porte-aéronefs (France, Grande-Bretagne, Italie et Espagne) se "coordonner pour des exercices commun et mutualiser la flotte" d'accompagnement.
"L'idée simple serait qu'en permanence, il y ait en Europe un porte-avions européen à la mer", a-t-il expliqué, reconnaissant qu'elle "méritait d'être encore un peu approfondie avec nos amis britanniques".
"Pour nous, il est absolument essentiel de relancer l'Agence européenne de défense, un instrument qui n'a pas donné les résultats que nous espérions", a-t-il également souligné.
M. Morin, qui s'est présenté en "européen convaincu", a estimé faire partie "des derniers hommes politiques français à penser que le cheminement politique de l'Europe doit nous amener, un jour, dans des décennies, à un schéma fédéral sui generis".
La 6e Université de la Défense réunit jusqu'à mardi le gotha des responsables politiques, militaires et économiques du secteur, sur le thème: "la défense en question, l'Europe en réponse".

AFP

 
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