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Géorgie: l'UE appelle à une enquête internationale

06.09.2008, 19h00
 
L'Union européenne a appelé samedi à une enquête internationale sur les responsabilités dans le conflit en Géorgie et confirmé son engagement à y déployer une mission européenne, deux jours avant des négociations-clés à Moscou pour obtenir le retrait des troupes russes.
Réunis en Avignon (sud), les ministres des Affaires étrangères européens ont marqué leur soutien total à la mission, lundi à Moscou, du président français Nicolas Sarkozy -président en exercice de l'UE- du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et du diplomate en chef de l'UE Javier Solana, destinée à obtenir un retrait des troupes russes de Géorgie.

Ils ont également "souligné la nécessité d'une enquête internationale sur le déroulement du conflit en Géorgie", selon le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.
M. Kouchner a souhaité que cette enquête "soit lancée et vite", alors que Géorgiens et Russes divergent sur les raisons du conflit. Il a souligné qu'elle devrait être menée par "un organe international, comme l'ONU et l'OSCE".
Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn a souligné que l'idée d'une telle enquête, défendue la veille par le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier, avait fait "l'unanimité".
Il faut "définir la responsabilité du déclenchement du conflit", a-t-il dit, en précisant que l'organisme chargé de l'enquête restait à choisir.
Le champ exact de cette enquête semblait d'ailleurs aussi à préciser.
Alors que M. Kouchner parlait d'enquêter sur le "déroulement" et M. Asselborn sur le "déclenchement", le britannique David Miliband jugeait "essentiel que toute allégation, qu'il s'agisse de violations des droits de l'Homme, de bombes à sous-munitions ou toute autre allégation, fasse l'objet d'une enquête approfondie et indépendante".
Après 24 heures de discussions, les ministres ont par ailleurs "renforcé (leur) appui au déploiement d'une mission autonome de la PESC" (Politique européenne de sécurité commune), selon M. Kouchner.
Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana a confirmé que les préparatifs de cette mission, qui devrait être avalisée officiellement par l'UE le 15 septembre, étaient quasiment terminés.
Mais il a reconnu qu'il fallait "attendre la réunion de lundi à Moscou pour voir comment on peut déployer" cette mission, qui pourrait compter 150 à 200 hommes, selon certains responsables européens.
Le champ d'action des observateurs européens -des policiers essentiellement- dépendra beaucoup de la coopération de Moscou, qui pourrait leur rendre difficile l'accès aux zones de "sécurité" constituées autour des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.
Le ministre polonais Radoslaw Sikorski s'est montré sceptique sur une mission propre à l'UE.
"Il semble qu'on ne manque pas de missions en Géorgie, et il y a le problème de la coordination entre les missions", a-t-il indiqué.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe tente, elle aussi, de déployer une mission d'observation en Géorgie et l'ONU y a déjà une mission de maintien de la paix.
M. Kouchner a entretenu l'ambiguïté en indiquant que la mission de l'UE se fondrait "dans un premier temps avec les missions de l'OSCE et des Nations unies".
M. Sikorski a indiqué avoir été "encouragés par ses partenaires dans sa proposition de lever les sanctions européennes contre le Bélarus, alors que Moscou pèse de tout son poids sur cette ex-république soviétique menée de main de fer par Alexandre Loukachenko depuis 14 ans pour qu'elle reconnaisse elle aussi l'indépendance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
L'UE pourrait "faire un geste" pour Minsk, qui a libéré trois importants prisonniers politiques en août, a indiqué la Commission européenne, même si elle pourrait attendre de voir comment se déroulent les législatives prévues dans ce pays le 28 septembre.

AFP

 
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