Dès lundi après-midi, le gouvernement se réunit en Conseil des ministres extraordinaire -en lieu et place de celui de mercredi- pour "décliner" en France, selon Nicolas Sarkozy, le plan de sauvetage adopté au sommet Eurogroupe: garantie des crédits interbancaires jusqu'à fin 2009 et recours possible à une recapitalisation des banques pour leur éviter la faillite.
Le gouvernement devrait examiner à cette occasion un projet de loi visant à garantir par l'Etat le refinancement des banques françaises, selon des parlementaires UMP. Le texte sera débattu dans la semaine au Palais-Bourbon et au Sénat. "Les mesures seront efficientes avant la fin de la semaine", a assuré M. Sarkozy, sans davantage de précisions.
Alors que la crise promet d'entraîner une remontée durable du chômage, M. Sarkozy se rendra mardi sur le terrain, à Rethel (Ardennes), pour inaugurer le nouveau pôle emploi local, issu de la fusion ANPE-Unedic, et participer à une table-ronde sur le thème de "la mobilisation pour l'emploi", selon l'Elysée.
Au PS également, les leaders, en pleine campagne pour le congrès de Reims, affichent le souci de "ne pas déconnecter" leurs débats internes de la crise et de ses retombées sur les Français.
Ségolène Royal fera ainsi "une déclaration solennelle" sur la crise lors d'une réunion publique, mercredi à Bordeaux. Un sujet également au coeur des meetings de ses rivaux pour la succession de François Hollande: Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon.
L'Assemblée nationale, de son côté, poursuivra le débat marathon sur le Grenelle de l'environnement qui, en pleine crise, fait grincer quelques dents au sein des députés UMP.
"C'est hors du temps de débattre de ce projet de loi. Je ne dis pas que le Grenelle n'est pas important, mais ce n'est pas le sujet actuellement", a dénoncé Michel Herbillon (UMP).
Sauf modification profonde du calendrier en raison du texte visant à garantir par l'Etat le refinancement des banques, les députés examineront aussi mercredi le premier projet de loi qui décline la révision constitutionnelle de l'été et va permettre aux ministres de retrouver, sans passer par une partielle, leur siège au Parlement à leur départ du gouvernement.
Au Sénat, les débats s'annoncent houleux sur le projet de loi de Christine Boutin sur le logement, qui modifie notamment l'emblématique loi SRU obligeant les communes à avoir 20% de logement sociaux.
La gauche et les centristes dénoncent notamment le fait que soient intégrés dans ce décompte les logements financés par les prêts accession à la propriété.
Près de 200 personnes ont manifesté samedi à Paris contre ce texte à l'appel d'un collectif d'organisations de défense du logement social.
Le chef de l'Etat doit par ailleurs présenter lundi le plan du gouvernement pour le développement de l'économie numérique, qui a pour ambition de rattraper le retard pris dans ce secteur par la France, dont la part de l'économie numérique dans le PIB est de 6%, contre 13% aux Etats-Unis et 17% en Corée.
M. Sarkozy est également attendu en fin de semaine au Canada pour la rencontre UE-Canada et le 12e sommet de la Francophonie.
AFP









