Le texte de base, qui sera soumis au débat et au vote des militants, a été adopté par 88 voix pour, 7 contre et 29 abstentions, a indiqué Pierre Laurent, membre de la direction.
Après le résultat calamiteux de sa candidate Marie-George Buffet à la présidentielle de 2007 (1,93%), le PCF avait décidé de tenir un congrès fin 2008 pour conduire un débat "sans tabou" afin de sortir de l'ornière un parti qui voit son audience se réduire en peau de chagrin depuis un quart de siècle.
Autre symbole de la crise: à court d'argent, le PCF a été contraint de louer à une société l'un des six étages de son immeuble emblématique place du colonel Fabien à Paris (XIXe), un deuxième étage devant trouver locataire début 2009.
"Pour répondre aux défis de changement qui s'imposent à nous, nous faisons un choix: engager de profondes transformations de notre parti", souligne le texte élaboré par la direction de Marie-George Buffet. Cette voie est "plus féconde" que celle de la "constitution d'un autre parti aux contours incertains", affirme le document.
"Certains vont parmi nous jusqu'à parler d'un processus de métamorphose. Pour l'heure, l'important est de s'accorder sur la nature des évolutions, des transformations, des ruptures nécessaires. Elles pourraient prendre plusieurs directions", ajoute-t-il.
Il s'agit d'un "texte offensif", avec "l'ambition de transformer le parti" à la fois "en terme d'image et de contenu", souligne M. Laurent.
L'accent est mis sur l'actualisation du projet qui doit être "ancré dans les enjeux contemporains", la participation aux luttes et la "riposte" à la politique de Nicolas Sarkozy. L'objectif est notamment d'ouvrir le PCF à "des hommes et des femmes de gauche".
"Le nom du parti peut être discuté, mais quasiment personne" --même parmi les sensibilités minoritaires-- "ne propose l'abandon de la référence au communisme", souligne M. Laurent.
Côté stratégie, le texte propose de "créer des fronts d'idées et de lutte le plus large possible".
Mais c'est une formule "très floue", regrette Marie-Pierre Vieu, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées, qui s'est abstenue, jugeant le texte "insuffisant".
De fait, après l'échec du rassemblement avec les antilibéraux, et alors que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot a le vent en poupe, le PCF regarde de nouveau du côté de son allié traditionnel, le PS, avec lequel il a réactivé un "comité de liaison de la gauche".
"Le texte est d'une platitude phénoménale" et "il ne propose qu'une seule option", "ce n'est pas une base commune pour le débat", s'insurge Pierre Zarka, l'un des chefs de file du courant refondateur (proche des antilibéraux, favorable à une rupture). La quinzaine de membres de ce courant au Conseil national n'ont pas pris part au vote. "Ce congrès n'est pas le nôtre", dit-il.
Pour Daniel Cirera, proche de l'ancien leader Rober Hue, le texte ne propose qu'une "perspective unique" dans "la continuité d'une orientation qui a donné les résultats que l'on sait".
De son côté, André Gerin, député-maire de Vénissieux (Rhône) et partisan de l'identié communiste, reproche au document de "ne pas répondre à l'enjeu". "Surtout, il n'y a pas d'explications solides sur les raisons de la marginalisation du PCF", déplore-t-il.
AFP








