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NC : la main tendue par Morin aux libéraux de l'UMP passe mal

05.09.2008, 10h26 | Mise à jour : 06.09.2008, 21h06
 
Le Nouveau centre (NC, centristes partenaires de l'UMP) a hésité sur la marche à tenir pour rassembler tous les centristes de l'ex-UDF ou encore sur le financement du RSA, samedi lors de sa première université d'été à La Londe des Maures, dans le Var.
Pour "peser plus dans le débat", au côté de l'UMP qui dispose de la majorité absolue à l'Assemblée, le NC doit "discuter avec tous ceux qui formaient la constellation UDF", a déclaré le président du Nouveau centre (NC), le ministre de la Défense Hervé Morin.

"Il nous faut aussi bien travailler avec les réformateurs de l'UMP, qu'avec le parti radical de Jean-Louis Borloo, Jean-Marie Bockel ou les anciens centristes réunis autour de Pierre Méhaignerie", a-t-il détaillé.
M. Morin a d'ailleurs reçu son collègue du gouvernement Jean-Marie Bockel, président de Gauche moderne, à La Londe des Maures.
Il a aussi rappelé qu'il organisait un "séminaire des centres" sur l'Europe avec Valéry Giscard d'Estaing, Jean-Pierre Raffarin et Gérard Longuet dans son village de l'Eure, Epaignes, le 18 septembre, soit trois jours avant le renouvellement du Sénat puis de son président. "Un hasard", commente-t-il avec flegme.
A ces élections sénatoriales, le NC espère atteindre le seuil de constitution d'un groupe, soit quinze sénateurs.
Tout à sa volonté de rassembler le centre, M. Morin a défendu l'idée de discuter également avec les Réformateurs d'Hervé Novelli. Il a rappelé qu'ils "sont tous d'anciens membres de l'UDF : du CDS pour Yves Bur, du Parti républicain pour Hervé Novelli, de l'UDF adhérents directs pour Louis Giscard d'Estaing".
Mais cette main tendue a fait tiquer le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, hostile à un rapprochement avec les libéraux de l'UMP. "On n'a pas vocation à habiter dans la même maison", a estimé l'élu de Seine-Saint-Denis, qui déplore que "la majorité ait été tirée parfois par sa fraction la plus libérale" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, au détriment selon lui de "l'équité" des réformes.
"Je suis très lié avec Hervé Novelli mais il faudra qu'on en débatte au sein de notre formation", temporise un autre membre NC du gouvernement, André Santini.
Autre divergence palpable entre centristes : le financement du RSA, à trois semaines du débat à l'Assemblée.
"A titre personnel", le trésorier du parti, Charles de Courson, l'un des ténors de la commission des Finances de l'Assemblée, est contre l'instauration d'une nouvelle taxe de 1,1% sur le patrimoine pour financer le RSA.
Pour sa part, Hervé Morin ne souhaite pas que cette taxe entraîne une modification du bouclier fiscal, qui plafonne les impôts directs à 50% du revenu des contribuables les plus riches. "Des solutions alternatives méritent d'être étudiée", a-t-il dit, citant le plafonnement des niches fiscales ou des exonérations des charges sociales liées aux 35 heures.
Troisième option, défendue par Jean-Christophe Lagarde et d'autres députés : intégrer la taxe RSA dans le bouclier fiscal, c'est-à-dire relever le plafonnement des impôts directs de 50 à 51,1% des revenus.
A l'heure des discours samedi, le NC a réuni 400 à 500 personnes selon les organisateurs sous les pins d'une plage à La Londe. A 90 km de là, François Bayrou prononçait la veille un discours devant un millier de militants du MoDem près de Saint-Raphaël. M. Morin s'est tout de même félicité de disposer de "8.000 militants", soit un tiers selon lui de l'ex-UDF.

AFP

 
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