"Les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry", a affirmé l'eurodéputé lors d'un point de presse à la veille d'un Conseil national qui doit entériner la ligne politique et la nouvelle équipe dirigeante (secrétariat national) de Mme Aubry.
"Nous ne participerons pas à ce vote", a ajouté M. Peillon.
Mme Aubry n'a soumis son texte d'orientation à l'équipe Royal que vendredi matin, a-t-il relevé, précisant que ce document avait déjà été approuvé par les chefs de file des autres sensibilités, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon.
"Ce n'est pas le texte lui-même qui pose problème, c'est plutôt la méthode", "les conditions extrêmement tardives" dans lesquelles le texte a été communiqué, a déclaré Vincent Peillon, "nous laissant dans l'incapacité de réunir nos amis et d'en parler".
"Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", a-t-il ajouté, y voyant "un mélange et résumé des motions (...) sans aucune innovation idéologique" et lui reprochant de faire d'une éventuelle alliance avec le MoDem "une question centrale".
"Les Français et les militants ne veulent pas rejouer le Congrès de Reims", a souligné M. Peillon. Le rassemblement qu'entend constituer Mme Aubry constitue un "Tout sauf Ségolène, et surtout un tout contre 50% des militants" qui ont voté pour la présidente de Poitou-Charentes, a-t-il insisté.
Sur la répartition des postes, M. Peillon a indiqué que la proposition de Ségolène Royal de prendre la direction de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER) avait été rejetée par Mme Aubry, qui a "fait savoir que cela n'était pas possible". Quant à la proposition d'un poste de numéro 2 pour M. Peillon, elle est restée sans réponse, a-t-il dit.
Aucun membre de l'équipe Royal ne devrait participer au secrétariat national, des propositions faites individuellement à certains membres de son équipe ayant été rejetées, a indiqué M. Peillon sans citer de noms.
L'eurodéputé a toutefois précisé que l'équipe de Mme Royal n'entendait pas faire "de difficultés" à la nouvelle Première secrétaire. "Nous restons disponibles pour servir notre parti", a-t-il dit.
Un autre proche de Mme Royal, Manuel Valls, a pour sa part regretté que "la porte se referme sur Ségolène Royal et cette équipe". "Notre volonté de rassemblement reste forte", a-t-il toutefois dit à la presse. "Nous étions et resterons disponibles pour travailler les propositions économiques et sociales et pour rénover le PS", a ajouté M. Valls.
La motion défendue par Mme Royal et ses partisans a obtenu près de 30% des suffrages des militants socialistes et l'ancienne candidate du PS à l'Elysée n'a été battue que de 102 voix dans la course au poste de Premier secrétaire remportée par Mme Aubry.
AFP











