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Plan de relance: les régions regrettent de ne pas avoir été consultées

05.12.2008, 10h40
 
Les présidents de régions se sont prononcés jeudi pour un renforcement de la décentralisation, tout en regrettant que Nicolas Sarkozy ne les ait pas consultés pour mettre au point son plan de relance de l'économie.
"Il n'y a eu aucune concertation préalable, alors que l'Etat a annoncé 10,5 milliards d'investissements supplémentaires, dont 2,5 milliards à la charge des collectivités territoriales", a dit Alain Rousset (PS), président de l'Association des Régions de France (ARF), qui tient son congrès jeudi et vendredi à Caen.

"L'idée vient d'en-haut, mais nous l'appliquerons", a déclaré de son côté le président PS de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne. Il s'est toutefois réjoui que, pour une fois, le chef de l'Etat "pense aux régions".
"Si l'Etat avait fait un effort de dotation supplémentaire aux collectivités qui sont à la pointe des investissements publics, cela aurait été une bonne idée", a commenté M. Rousset, dont l'association regroupe 22 régions en métropole, dont 20 dirigées par la gauche.
Le plan de relance de l'économie annoncé à Douai (Nord) par le chef de l'Etat prévoit 4 mds d'euros d'investissements publics, 4 mds des entreprises publiques (EDF, La Poste, etc.) et 2,5 mds des collectivités locales.
Le chef de l'Etat a cité notamment les contrats de plan Etat-région, qui "ont pris un retard considérable", la loi de programmation militaire, "l'entretien et la mise en valeur du patrimoine", les hôpitaux, la rénovation des tribunaux, les moyens de la gendarmerie et de la police, et les infrastructures routières, ferroviaires et fluviales.
La réalisation du canal Seine-Nord Europe et l'avance "en parallèle" de quatre lignes de TGV font partie de ces investissements.
Au sujet des contrats de projets, M. Rousset a estimé que "la vraie question est de savoir quelle est la part de l'Etat dans la réalisation de ces projets", et quelle est la marge de manoeuvre restante aux régions pour "investir dans des lycées ou l'acquisition de Trains express régionaux" (TER).
Les présidents de région soulignent par ailleurs dans un manifeste "leur exigence d'être véritablement associés à tous les travaux et toutes les réflexions concernant une réforme des territoires", alors que l'ancien Premier ministre Edouard Balladur a été chargé d'une réforme sur les échelons locaux.
"Il y a bien une révolution à faire, c'est de dire à l'Etat: réformez-vous", a lancé M. Rousset, se demandant pourquoi l'Etat maintient des directions régionales qui doublonnent avec les compétences des régions, et qu'en même temps il supprime des hôpitaux, des tribunaux ou des gendarmeries.
Le président UMP de la région Alsace, Adrien Zeller, a regretté qu'on n'ait pas clarifié les rôles entre régions et Etat.
"Ce n'est pas bien que l'Etat agisse sans tenir compte de ce qui se fait dans les régions", a-t-il dit, suggérant la mise en place d'une structure permettant une concertation permanente.
Pour le président PS d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, depuis les élections régionales de 2004 et surtout depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'arrivée, "le gouvernement tente par tous les moyens d'empêcher les régions de développer leurs compétences".
jlp/ms/bma
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AFP

 
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