Auditionnée à l'Assemblée, la ministre de l'Economie Christine Lagarde n'a pas eu de mal à persuader les élus de tous bords du bien-fondé de son plan de sauvetage, qui va coûter à la France trois milliards d'euros.
En effet, Dexia, premier établissement en partie français touché par la crise financière est aussi la banque qui prête aux collectivités locales, ce que ne peuvent oublier les parlementaires, souvent aussi élus locaux.
"Il était inimaginable de laisser s'écrouler cette banque, qui est celle des collectivités locales", a déclaré le vice-président du groupe PS à l'Assemblée Jérôme Cahuzac, député-maire de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
"Au-delà de cela, on peut être perplexe par rapport à l'euphorie des membres du gouvernement qui n'imaginaient pas que la crise née il y a un peu plus d'un an aux Etats-Unis puissent frapper notre pays", a-t-il ajouté.
"L'unité nationale, quand il s'agit de saluer une décision qui a été prise, je trouve cela normal et légitime", a déclaré à la presse le président PS de la commission des Finances, Didier Migaud.
"Après, cela ne veut pas dire que l'on approuve toute la politique qui est conduite. Les difficultés de la France sont pour partie issues de la crise financière mais pas seulement", a-t-il ajouté après l'audition de Mme Lagarde.
Jean-Pierre Brard (app. communiste) approuve lui aussi l'intervention de l'Etat dans la banque franco-belge Dexia "à une condition: que l'on ne joue pas de nouveau au monopoly". "Il faut garder la minorité de blocage pour orienter l'activité de ce banquier des collectivités locales", ajoute le député de Montreuil.
Au-delà de Dexia, le PS avait refusé l'appel à l'union nationale de François Fillon, demandant comme toujours l'abrogation du "paquet fiscal" de l'été 2007 qui coûte 15 mds d'euros par an.
Dans un débat sans fin, la majorité présente au contraire cet ensemble de mesures comme un amortisseur des chocs de la crise, grâce selon elle à ses effets sur l'emploi (heures supplémentaires), l'immobilier (déduction fiscale des intérêts d'emprunt) ou l'investissement.
"Dans la plupart des pays, on a une situation d'unité nationale. Ce n'est malheureusement pas le cas dans notre pays", a déploré le porte-parole de l'UMP, le très sarkozyste Frédéric Lefebvre.
"Un certain nombre d'élus (PS) n'ont pas saisi la gravité de la crise et il est temps qu'ils se ressaisissent", a-t-il ajouté, en excluant toutefois certains responsables comme Didier Migaud ou Michel Rocard.
A l'intérieur de l'UMP, même le libéral Hervé Mariton estime que l'intervention de l'Etat pour renflouer Dexia était "nécessaire et légitime": "On est dans des circonstances exceptionnelles qui justifient des réponses exceptionnelles". Mais de prévenir: "tout cela ne doit pas se faire à rebours de l'intérêt du contribuable".
AFP









