"La loi sera promulguée aujourd'hui le 1er décembre. Nous avons voulu honorer les créateurs du RMI créé le 1er décembre 1988", a déclaré sur France Inter le Haut commissaire aux Solidarités actives en soulignant "les succès et les échecs" du dispositif du Revenu minimum d'insertion.
Le RSA a été conçu et défendu depuis 2005 par l'ex-président d'Emmaüs pour encourager le retour à l'emploi des Rmistes et augmenter les revenus des travailleurs pauvres.
Ce nouveau dispositif, qui concerne potentiellement 3,5 millions de personnes, doit entrer en vigueur le 1er juillet 2009 en métropole et "au plus tard le 1er janvier 2011" en outre-mer.
Le RSA ne changera rien pour une personne qui ne travaille pas, elle continuera à percevoir un "revenu minimum garanti" égal au RMI actuel, soit 447,91 euros pour une personne seule sans enfant (671,87 euros avec un enfant).
Les personnes qui retrouvent un travail percevront, sauf exceptions, un complément de revenus plus intéressant et de plus longue durée avec le RSA qu'avec le RMI, afin de gagner plus que si elles restaient avec la seule allocation.
La France compte 1,1 million de Rmistes, deux millions de travailleurs pauvres selon les estimations et quelque sept millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (60% du salaire médian, selon l'Insee)
Michel Rocard a estimé lundi dans le Parisien que le RMI a "sauvé de l'absence de ressources près de deux millions de Français".
Tirant le bilan de ce dispositif, dont il est le père fondateur, le député européen, ancien Premier ministre de François Mitterrand, estime que "probablement 500.000 ou 600.000" personnes ont réussi leur insertion professionnelle" grâce au RMI.
"Le RMI était calibré pour fonctionner en période de croissance. Il est victime de l'échec de l'économie globale" ajoute-t-il, répondant aux détracteurs du dispositif qui mettent en avant l'échec du volet insertion.
"Pour rendre les gens plus employables, il faut que les conditions économiques soient remplies. En clair: qu'il y ait des offres d'emploi", ajoute-t-il.
Idem pour le RSA, souligne-t-il. "En temps de crise, rien n'est adapté. Le capitalisme contemporain n'est plus capable d'assurer le plein emploi. Ce n'est donc pas le RSA qui va redonner du travail aux gens. C'est la reprise espérée. Le plan de relance qui se prépare en Europe va-t-il permettre de relancer l'économie? Auquel cas, le RSA, au lieu de devenir un pansement d'urgence, comme le RMI, sera un outil vraiment efficace", ajoute M. Rocard.
AFP











