Qu'un étranger prenne en charge les Bleus serait une grande première pour le basket français et une rareté dans les sports collectifs en général.
"Frapper un gros coup" et "arrêter de bricoler" reviennent comme des leitmotivs au sein du giron fédéral qui, plutôt que de choisir un entraîneur de ProA, s'oriente vers une "pointure européenne."
Une personnalité à l'autorité indiscutable, légitimée par les résultats. Capable de faire le poids face aux joueurs NBA et, au besoin, de leur taper sur les doigts. Susceptible, déjà, de leur donner envie de venir. "Sinon, disent les joueurs, autant continuer avec Gomez", avance une source fédérale.
Sans que ce soient forcément les seuls, deux noms reviennent avec insistance et remplissent ces critères: l'Italien Ettore Messina et le Serbe Bozidar Maljkovic. Deux vrais cadors. Le premier est quadruple champion d'Europe en club avec Bologne et le CSKA Moscou où il officie actuellement. La Fédération s'adapterait en cas de cumul.
Le second, francophile, a conduit Limoges au titre de champion d'Europe en 1993 et a entraîné les plus grands clubs, espagnols notamment. Tous deux ont ouvert la porte à un avenir en bleu dans la presse ces derniers jours mais imposeront évidemment leurs conditions. Financières surtout.
Car si la volonté de mettre un place un "coach d'envergure" est aujourd'hui actée, les moyens pour la mettre à exécution restent un frein majeur. Les entraîneur étrangers de renom coûtent en effet cher, très cher.
Sondé avant la nomination de Gomez en février, l'un d'eux, toujours dans le viseur de la FFBB, a réclamé un salaire tournant autour du million d'euros par an. Un montant plus de dix fois supérieur à ce que gagnait Gomez. Inaccessible.
Sans baisse des prétentions des candidats, l'affaire est impossible, même si les sponsors pourraient donner un coup de pouce. La Fédération dit y travailler pour alléger la facture mais reste prête à "mettre le paquet" pour s'offrir ce sélectionneur qu'elle compte convaincre par un projet à long terme.
A l'image du basket américain qui, au lendemain de son échec aux JO-2004, avait initié une "opération rédemption" culminant aux Jeux de Pékin, la Fédération travaille surtout en vue des JO de Londres en 2012.
Dans cette optique, le nouveau sélectionneur resterait en place pendant au moins trois ans, même en cas de non-qualification définitive à l'Euro-2009 à l'issue des repêchages l'été prochain.
D'où, aussi, l'importance portée par la Fédération de recruter un "homme à poigne" capable de convaincre les joueurs de s'inscrire dans un projet d'aussi longue haleine. Le message aux joueurs serait en substance le suivant: "Soit vous vous engagez sur trois ans, soit vous dites clairement non. Mais à partir du moment où la Fédération met les moyens, il n'y a plus d'excuses."
Pour trouver le candidat idéal, les décideurs, le président Yvan Mainini et le DTN Jean-Pierre De Vincenzi, comptent boucler l'affaire avant les élections fédérales du 13 décembre. Sachant toutefois que cette échéance pourrait refroidir certains candidats qui préféreraient attendre d'avoir les garanties nécessaires en cas de changement de pouvoir.
AFP









